Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Annie Houle : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Lorsqu’un agent infiltrateur investit le cyberespace en utilisant une identité de (pré)adolescent afin de coincer des cyberprédateurs, les ressources dont il dispose sont majoritairement d’ordre linguistique et doivent être exploitées finement tant dans la construction et la négociation de l’identité qu’il se forge que dans l’évolution de la relation qu’il établit avec le cyberprédateur. L’agent infiltrateur cherche donc à créer ou, du moins, à stimuler l’affiliation dans l’interaction par divers moyens (coopération, alignement discursif, rythmique, etc.) tout en usant d’un certain contrôle sur son interlocuteur afin de l’attirer dans les filets des autorités.
Nous nous sommes intéressée à la façon dont se développe l’affiliation entre l’agent infiltrateur et le cyberprédateur tout d’abord dans sa composante linguistique, par une analyse conversationnelle en rangs et l’application de la théorie de la communication de leurre à une sélection d’archives de messagerie instantanée issues du site Perverted- Justice.com. Nous avons également fait appel à la chronémie pour observer la dynamique interactive qui témoigne de cette affiliation. Ces exercices nous ont offert une meilleure lecture de la mise en place et de l’exploitation des stratégies discursives verbales et non verbales qui, de manière subtile, permettent à l’agent infiltrateur de gagner la confiance du cyberprédateur tout en développant une certaine ascendance sur l’interaction.
La linguistique judiciaire (forensic linguistics) regroupe les recherches axées sur le langage dans les contextes de travail relatifs à la justice. Langue et justice ont en effet partie liée : l’interrogatoire, l’aveu, la plaidoirie et le jugement sont affaire de discours, tout comme le sont également parfois, en amont, l’infraction ou le crime lui-même — qu’il s’agisse de menace, d’incitation à la haine ou de plagiat, pour ne nommer que ceux-là. La manière même dont ces discours sont construits contraint l’interprétation qui en est donnée et, de ce fait, les conséquences légales et sociales qui en découlent. Le colloque réunira les chercheurs francophones intéressés par l’étude du langage dans toutes les sphères du système judiciaire et à toutes les étapes d’intervention. Il s’agira d’exploiter des thèmes liés à l’analyse des discours de l’enquête policière ou du tribunal — produits par les acteurs impliqués dans les enquêtes ou les procès : policiers, juges et avocats, mais aussi témoins et jurés — de même qu’à l’analyse de données langagières pour l’enquête policière ou le tribunal : par exemple, les discours qui font l’objet du litige constituent des indices ou sont apportés en preuve lors d’un procès.
Titre du colloque :
Thème du colloque :