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Evelyne Charlier : Université de Namur
En Belgique francophone, la formation professionnelle initiale des enseignants de l’enseignement secondaire supérieur se déroule à l’université. Elle consiste en 30 crédits, suivis après une formation de 4 ou 5 ans dans la discipline qui va être enseignée. Cette formation est dispensée par des didacticiens de la matière enseignée et des psychopédagogues et comprend également un stage en école.
Ces formateurs ont développé en collaboration un dispositif amenant les étudiants à analyser systématiquement des situations d’enseignement vidéoscopées, dans le cadre d’activités en ligne et en présentiel. Nous décrirons ce dispositif qui combine réflexivité individuelle et réflexivité collective. Par « réflexivité », nous entendons « un processus d’analyse où les participants produisent des connaissances sur eux-mêmes en situation et sur les situations ».
Afin d’identifier les effets de ce dispositif, nous avons réalisé des entretiens collectifs semi- structurés de sept formateurs et distribué des questionnaires aux étudiants (environ 80 questionnaires ont été remplis par les étudiants). Ces données ont été analysées d’un point de vue qualitatif, par la catégorisation émergente des données. Les entretiens des formateurs ont, quant à eux, été retranscrits.
Nous aborderons les questions suivantes : quels sont les effets perçus par les apprenants ? Quels sont les effets perçus par les formateurs ? Ces effets concordent-ils ? Quels aspects les étudiants retiennent-ils de l’expérience ? Et pour finir, comment les formateurs expliquent-ils les effets perçus ?
De nombreuses formations visent à favoriser la réflexivité (Donnay et Charlier, 2008) dans différents champs professionnels — éducation (Charlier et coll., 2013 ; Tardif et coll., 2012; Vacher, 2015), santé (Ghaye, 2006), psychologie (Scaife, 2010), ingénierie (Rouvrais, 2013). Les deux précédents colloques à l’Acfas (2015, 2016) ont analysé les liens entre réflexivité, expérience déstabilisante et changement d’une part, et réflexivité, compétences, identité d’autre part.
Nous différencions réflexion et réflexivité (Donnay et coll., 2008). Réfléchir, dans le deuxième sens, c’est mettre en mental, adopter une position méta par rapport à la situation, grâce à un système de représentations (souvent le langage). La réflexivité (Schön, 1994) permettrait au praticien d’adopter une posture d’extériorité en se distanciant d’une partie de la situation : la personne regarde la situation de l’extérieur pour tenter de l’objectiver, mais réalise aussi un retour sur elle-même, se regardant agir en situation et analysant les surdéterminations qui contribuent à structurer son rapport à sa pratique et aux acteurs concernés. Cette posture d’extériorité est facilitée par un tiers : personnes ou grilles de lecture.
Les dispositifs de formation à la réflexivité sont nombreux, sans compter ceux non documentés dont la visée est de faire réfléchir, mais qui ne s’affichent pas ainsi (Chaubet et coll., 2016). La réflexivité est souvent pratiquée en groupe selon des méthodologies diverses. Dans le cadre de ce colloque, dans la continuité des deux précédents, nous interrogerons les processus en jeu dans ces situations de formation en groupe, ainsi que les effets de ces dispositifs collectifs. Quels sont les éléments du dispositif collectif qui favorisent la réflexivité? En quoi? Comment? Quelle est la dimension affective de ces processus? Quel est le rôle de l’Autre ou des Autres? Quelles sont les dimensions cognitives, affectives, professionnelles et identitaires touchées?
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