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Corina Borri-Anadon : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Cette communication porte sur les tensions entre les approches « culturelle » et « interculturelle » dans le discours normatif québécois. Deux orientations ministérielles toujours en vigueur quant à la formation des enseignants, soit l’approche culturelle de l’enseignement, définie dans le référentiel de compétences des enseignants (MEQ, 2001) et la Politique d’intégration scolaire et d’éducation interculturelle (MEQ, 1998) seront analysées afin d’en dégager les tensions et convergences quant aux conceptions de ces approches (entre autres : l’opposition entre « culture première » et culture « seconde », universalisme/particularisme et essentialisme/constructivisme, les processus d’acculturation simples vs complexes des élèves issus de l’immigration et des minorités racisées). Nous mettrons d’abord en contexte les grands constats de travaux menés depuis 2012 sur la place qu’occupe la prise en compte de la diversité ethnoculturelle dans la formation à l’enseignement, à partir d’une analyse du référentiel de compétences professionnelles (Potvin et al, 2015) et d’un portrait de l’offre de formation initiale en enseignement (Larochelle-Audet et al., 2013). Ces constats, et plus particulièrement le faible ancrage institutionnel de cette formation, seront ensuite mis en lien avec l’analyse du « double discours normatif ».
Dans les années 2000, la réforme de l’école québécoise a souligné l’importance de l’acquisition de compétences, disciplinaires et transversales, chez les élèves, et la nécessité de sensibiliser ces derniers à la dimension culturelle des apprentissages. Au même moment, le ministère de l’Éducation a publié un document consacré à la professionnalisation des futurs enseignants décrivant douze compétences professionnelles à acquérir par ceux-ci, parmi lesquelles celle du maître cultivé, héritier, critique et interprète d’objets de savoirs et de culture (La formation à l’enseignement, 2001). Depuis lors, la diversité ethnoculturelle croissante des milieux éducatifs a suscité chez certains une réflexion sur la nécessité de développer chez les enseignants une compétence interculturelle.
Comment les universités se sont-elles saisies de la formation culturelle des futurs enseignants? Comment l’approche culturelle se traduit-elle dans les programmes universitaires de formation initiale qui préparent tant à l’enseignement primaire qu’à l’enseignement secondaire? Quelles actions pédagogiques ont été prises pour soutenir l’appropriation de ressources culturelles, la prise en compte et le développement d’une réflexion sur les pratiques culturelles des étudiants? La culture est-elle devenue désormais une compétence? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles ce colloque tentera d’apporter des réponses.
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