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Aux frontières de la vie active : l’action publique auprès des jeunes NEEF (ni emploi ni aux études ni en formation) québécois

JB

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Jonathan Binet : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

L’inactivité chez les jeunes Québécois occupe, au sein des discours scientifiques, politiques, thérapeutiques et sociaux, une place certaine, souvent problématique depuis les années 1990. Faisant l’objet tour à tour de discours critiques, les politiques publiques ciblant les jeunes inactifs ont été l’objet, depuis, de réformes successives. Cette communication, provenant de ma thèse de doctorat, vise à restituer quelques résultats partiels d’une ethnographie critique de l’action publique menée depuis juin 2016 au sein d’un organisme communautaire de l’Outaouais mandaté de mettre en œuvre un nouveau programme d’Emploi-Québec, le Service spécialisé jeune (SSJ). Ce programme vise l’insertion et le maintien en emploi de jeunes âgés entre 18 et 29 ans, parfois qualifiés par la catégorie d’action publique « NEEF » (ni en emploi, ni aux études, ni en formation) et considérés parmi les plus éloignés de la sphère active du travail. En m’appuyant sur une partie de mes résultats d’observation recueillis au sein d’une simili-entreprise de restauration où des jeunes sont amenés à faire « comme si » ils sont déjà en sein de la sphère du travail, je compte mettre au jour comment les interventions ciblant cette catégorie de jeunes prennent forme « par le bas » et comment certaines inégalités sont reconduites ou contrecarrées dans les interactions entre les intervenantes et les jeunes.

Résumé du colloque

La croissance des inégalités sociales en Amérique du Nord et en Europe a fait l’objet, ces dernières années, d’une analyse approfondie par des chercheurs de renom en économie (Piketty, 2013; Stiglitz, 2012). Si ces études montrent la croissance notable des écarts de revenu et contribuent à remettre au jour la question des inégalités, elles tendent néanmoins à offrir une lecture sociologique des inégalités sociales simplifiée, en contribuant à nourrir une représentation binaire du monde social où règne une fracture entre le 1 % des plus puissants et la masse indifférenciée des 99 %, et en laissant ainsi de côté la « longue cascade d’inégalités plus fines » (Dubet, 2014) qui s’observent entre les grandes inégalités de conditions. Ce colloque propose de se saisir de l’actualité de la question des inégalités afin de les aborder et les réfléchir « par le bas ». Étudier les inégalités sociales « par le bas » signifie : 1) de les appréhender comme des processus dynamiques, ce qui, à rebours des approches totalisantes ou surplombantes, permet de saisir les mobilités et réversibilités qui se font souvent à petite échelle, entre les grands écarts de condition; 2) d’accorder un statut légitime à la « face subjective des inégalités sociales » (Drulet, 2011) et notamment au ressenti des inégalités, et cela, en prêtant une attention particulière aux « petites inégalités »; et 3) de saisir le caractère éminemment relatif des inégalités sociales en mettant à jour la manière dont les acteurs mesurent leurs aspirations et les différents affronts auxquels ils font face en se comparant soit à « leurs semblables », soit à ceux qu’ils jugent distincts et éloignés de soi. Ce colloque cherche donc à mieux comprendre, par la restitution d’enquêtes empiriques, la manière dont les petites inégalités sociales s’expriment dans les subjectivités, les pratiques et les interactions de la vie quotidienne en vue d’éclairer leurs conditions sociales de (re)production ainsi que leurs effets.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 11 mai 2017

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