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Catherine Gouédard : Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis
Notre communication s’inscrit dans le cadre d’une recherche sur les expériences transformatrices des étudiants à l’Université. En nous basant sur les travaux de Chaubet (2010), nous menons des entretiens collectifs auprès d’étudiants afin de comprendre et caractériser les transformations issues de leurs expériences vécues signifiantes et positives, et de dégager des leviers pédagogiques en identifiant les déterminants et déclencheurs de ces transformations. Notre préoccupation est aussi de développer des méthodes d’accompagnement à la réflexivité pour les étudiants. Dans ce contexte, notre communication vise plus spécifiquement à éclairer le rôle du collectif dans la co-construction en train de se faire lors de l’entretien. En quoi le collectif est-il une ressource pour faire émerger des expériences de transformation ? Comment et par quels mécanismes les interventions des étudiants s’articulent-elles dans la dynamique du dialogue ? L’entretien collectif peut être analysé comme une activité, à l’appui de concepts issus des théories de l’activité, de l’action située, ainsi que de l’analyse discursive. Nous proposons d’analyser l’enchainement des histoires signifiantes évoquées tour à tour par des étudiants en ergonomie revenant sur leur formation, et de montrer par quels phénomènes, les déterminants (déclencheurs) et les effets (transformations) s’enrichissent avec l’Autre. Nous discuterons aussi des limites de la réflexivité collective, à partir de nos propres observations.
De nombreuses formations visent à favoriser la réflexivité (Donnay et Charlier, 2008) dans différents champs professionnels — éducation (Charlier et coll., 2013 ; Tardif et coll., 2012; Vacher, 2015), santé (Ghaye, 2006), psychologie (Scaife, 2010), ingénierie (Rouvrais, 2013). Les deux précédents colloques à l’Acfas (2015, 2016) ont analysé les liens entre réflexivité, expérience déstabilisante et changement d’une part, et réflexivité, compétences, identité d’autre part.
Nous différencions réflexion et réflexivité (Donnay et coll., 2008). Réfléchir, dans le deuxième sens, c’est mettre en mental, adopter une position méta par rapport à la situation, grâce à un système de représentations (souvent le langage). La réflexivité (Schön, 1994) permettrait au praticien d’adopter une posture d’extériorité en se distanciant d’une partie de la situation : la personne regarde la situation de l’extérieur pour tenter de l’objectiver, mais réalise aussi un retour sur elle-même, se regardant agir en situation et analysant les surdéterminations qui contribuent à structurer son rapport à sa pratique et aux acteurs concernés. Cette posture d’extériorité est facilitée par un tiers : personnes ou grilles de lecture.
Les dispositifs de formation à la réflexivité sont nombreux, sans compter ceux non documentés dont la visée est de faire réfléchir, mais qui ne s’affichent pas ainsi (Chaubet et coll., 2016). La réflexivité est souvent pratiquée en groupe selon des méthodologies diverses. Dans le cadre de ce colloque, dans la continuité des deux précédents, nous interrogerons les processus en jeu dans ces situations de formation en groupe, ainsi que les effets de ces dispositifs collectifs. Quels sont les éléments du dispositif collectif qui favorisent la réflexivité? En quoi? Comment? Quelle est la dimension affective de ces processus? Quel est le rôle de l’Autre ou des Autres? Quelles sont les dimensions cognitives, affectives, professionnelles et identitaires touchées?
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