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Aude Bandini : Université de Montréal
En droit, pour déterminer la nature d’une infraction et, par conséquent, la peine appropriée, il y a deux éléments cruciaux à prendre en considération : l’acte lui-même (actus reus) et l’état psychologique ou mental qui était celui de l’individu (mens rea) à ce moment-là. Tandis que le premier peut toujours, en principe, avoir été publiquement observable (on peut souvent, même après coup, avoir des preuves tangibles qu’un méfait a été commis), le second paraît beaucoup plus difficile à établir, puisque les états mentaux sont souvent réputés privés : à part le sujet lui-même (et, peut-être, pas toujours), personne ne peut avoir accès à ses intentions, ses désirs ou ses croyances. Comment alors peut-on prouver hors de tout doute raisonnable qu’un individu, au moment où il a commis le méfait, savait ce qu’il faisait ou avait effectivement une intention criminelle? Ceci est décisif pour l'évaluation de son degré de responsabilité.
Cette contribution portera plus précisément sur les cas d’ignorance volontaire, et tâchera de faire la lumière sur ce qui fonde, du point de vue de l’épistémologie et de la philosophie de l’esprit, l’attribution d’un tel état mental à un individu.
Preuve, témoignage et vérité : congrès annuel de la Société de philosophie du Québec
Toutes les connaissances développées au cours du temps sont le résultat du génie humain. Même si nous avons maintenant tendance à les tenir pour acquises, l’ensemble de nos vérités s’est constitué au cours d’un processus d’évaluation, de critique, de recherche et de raffinement sans lequel aucune d’entre elles n’aurait pu voir le jour.
Au centre de ce processus se trouvent la preuve et le témoignage, deux notions qui jouent un rôle décisif dans l’établissement des vérités au centre de la connaissance. La vérité dépend en effet des critères que nous avons pour distinguer le vrai du faux, et parmi ces critères, la preuve et le témoignage sont constamment invoqués à l’appui des affirmations que nous faisons dans les différentes disciplines du savoir humain. Cela signifie en bref que, sans témoignages ni preuves, la vérité confine à la fiction.
Réfléchir aux notions de preuve et de témoignage, c’est ainsi faire une contribution essentielle à l’avancement des connaissances en fournissant une compréhension accrue et raffinée des critères de la science. Distinguer un témoignage valable d’un témoignage suspicieux ou insuffisant, une preuve fiable d’une preuve invalide ou incomplète, fournit aux savants une meilleure compréhension de la vérité et des manières d’y parvenir.
Titre du colloque :