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Simon Goyer : UQAM - Université du Québec à Montréal
Aux États-Unis, la National Institute of Mental Health (NIMH) est la principale agence fédérale responsable de la recherche sur les désordres mentaux. En 2009, celle-ci commence à développer les Research Domain Criteria (RDoC), lesquels sont un cadre conceptuel où de nouvelles façons d’étudier les troubles mentaux sont explorées afin de mieux comprendre et traiter ces derniers. Les troubles mentaux sont conçus, dans les RDoC, comme des dysfonctions des systèmes psychologiques et des systèmes neurobiologiques qui leur sont associés. Ainsi, fondamentalement, une maladie mentale est conçue, dans le cadre des RDoC, comme une maladie d’un organe du corps — le cerveau — et, en cela, elle n’est en rien différente, dans sa nature, d’une maladie dite « physique » comme le cancer ou le diabète. Je soutiens, dans ma présentation, que cette conception de la maladie mentale est problématique et qu’elle devrait être changée par une autre conception que je propose et que je nomme la dysfonction mécaniste préjudiciable de l’esprit (étendu) ou DMPE(E). Je pense que, si on opérait cette modification, le domaine de la maladie mentale serait mieux circonscrit qu’il ne l’est, à l’heure actuelle, au sein des RDoC. Ainsi, grâce à la DMPE(E), nous pourrions développer des modèles explicatifs plus adéquats des différentes maladies mentales et, conséquemment, nous pourrions espérer inventer des techniques d’intervention plus efficaces pour traiter les troubles de l’esprit.
Preuve, témoignage et vérité : congrès annuel de la Société de philosophie du Québec
Toutes les connaissances développées au cours du temps sont le résultat du génie humain. Même si nous avons maintenant tendance à les tenir pour acquises, l’ensemble de nos vérités s’est constitué au cours d’un processus d’évaluation, de critique, de recherche et de raffinement sans lequel aucune d’entre elles n’aurait pu voir le jour.
Au centre de ce processus se trouvent la preuve et le témoignage, deux notions qui jouent un rôle décisif dans l’établissement des vérités au centre de la connaissance. La vérité dépend en effet des critères que nous avons pour distinguer le vrai du faux, et parmi ces critères, la preuve et le témoignage sont constamment invoqués à l’appui des affirmations que nous faisons dans les différentes disciplines du savoir humain. Cela signifie en bref que, sans témoignages ni preuves, la vérité confine à la fiction.
Réfléchir aux notions de preuve et de témoignage, c’est ainsi faire une contribution essentielle à l’avancement des connaissances en fournissant une compréhension accrue et raffinée des critères de la science. Distinguer un témoignage valable d’un témoignage suspicieux ou insuffisant, une preuve fiable d’une preuve invalide ou incomplète, fournit aux savants une meilleure compréhension de la vérité et des manières d’y parvenir.