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Cheryl Gosselin : Université Bishop's
Dans cette communication, je souhaite faire progresser l’étude sur la manière dont les Québécois d’expression anglaise négocient leur identité au quotidien en tant que minorité linguistique sur le plan organisationnel communautaire. Ma question de recherche est la suivante : dans le contexte de la loi 101, quels types de groupes communautaires aident les Anglo-Québécois ordinaires à surmonter les frontières linguistiques qui les divisent entre eux et les séparent de la majorité francophone et à se forger des identités en tant que membres à part entière de la société? La communication portera sur deux de ces organismes : Literacy in Action et l’Association des Townshippers (tous deux situés à Lennoxville). La méthodologie s’inspirera des cadres conceptuels de Bourhis et Lepicq (facteurs déterminants de vitalité ethnolinguistique) et de Landry, Allard et Deveau (modèle de l’autonomie culturelle) pour étudier la vitalité linguistique et l’autonomie culturelle des communautés d’expression anglaise à l’heure actuelle. J’ajouterai des données empiriques à cet échange théorique en effectuant une analyse du contenu de la documentation des deux groupes communautaires et en réalisant des entretiens informels avec leurs directrices générales. Enfin, mes recherches seront menées dans la région rurale des Cantons de l’Est du Québec, et fourniront une description géographique de la composante linguistique pour examiner de façon plus exhaustive le processus multidimensionnel permanent de la négociation identitaire.
La Charte de la langue française, couramment appelée loi 101, a joué un rôle fondamental dans l’évolution du Québec. Introduite en 1977, la loi décrète le français comme langue officielle de l’État et des tribunaux de la province, ainsi que la langue normale et habituelle au travail. La loi limite également l’accès aux écoles de langue anglaise et interdit l’usage de l’anglais sur l’affichage commercial.
Plusieurs francophones perçoivent cette loi comme un instrument puissant qui s’inscrit dans la suite logique de la Révolution tranquille. Le préambule de la Charte reconnaît l’importance de respecter la « communauté québécoise d’expression anglaise », mais de nombreux anglophones craignent que la Charte entraîne leur exclusion sociale, économique et politique.
Les chercheurs tracent un bilan partagé des effets de la Charte sur les anglophones. Après la Charte, l’émigration anglophone s’accélère et il y a un déclin des écoles de langue anglaise. Cela dit, les inégalités socioéconomiques entre anglophones et francophones diminuent. Certains chercheurs affirment que les lois linguistiques au Québec ont permis aux anglophones de se redéfinir : ils se perçoivent moins comme une partie de la majorité linguistique du Canada et davantage comme une minorité au Québec. En réaction à la loi 101, les anglophones créent de nouvelles associations. De plus, la Charte fait en sorte que les jeunes anglo-québécois n’ont jamais été aussi bilingues et multilingues qu’ils le sont maintenant. Cela facilite ainsi leur participation économique, culturelle et civique à la société québécoise.
Notre colloque multidisciplinaire abordera les questions légales, démographiques, socioéconomiques, politiques, institutionnelles et culturelles liées aux incidences de la loi 101 sur la communauté d’expression anglaise au Québec (CEAQ) au cours des 40 dernières années.
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