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De l’autoanalyse à l’indigénéité : les immigrantes maghrébines vues par des chercheuses issues de l’immigration maghrébine

SB

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Sonia Ben Soltane : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

Dans la présente proposition, je voudrais m’attarder sur les contributions d’un groupe assez homogène d’auteures issues de l’immigration maghrébine en France et portant sur la situation, la présence et la visibilité des femmes immigrantes maghrébines en France. Tout en appartenant à des disciplines différentes dans les sciences sociales (sociologie, anthropologie et philosophie) ces auteures apportent une réflexion critique sur l’expérience des femmes maghrébines en immigration et sur leur position dans leurs sociétés d’accueil. Ces auteures, sont elles-mêmes, dans leurs expériences de chercheures, partie prenante de l’effort critique qu’elles produisent. Leurs travaux apportent un regard situé à l’intérieur sur la communauté maghrébine immigrante en France. La figure du « chercheur de l’intérieur », situé à l’intérieur de sa propre communauté, qui elle se situe à la marge de la communauté française élargie, est une figure centrale dans leurs travaux

Résumé du colloque

Partant du titre du célèbre texte d’Audre Lorde, féministe lesbienne noire états-unienne, ce colloque entend mettre en question les modalités de construction et de transmission des savoirs, connaissances et praxis des groupes marginalisés, qui sont construits comme des problèmes sociaux dans différents contextes. L’objectif principal est de définir comment et quels savoirs-connaissances sont construits et transmis dans ces groupes sur « eux-mêmes » en termes d’enjeux divers, notamment liés à la racisation, le genre, la sexualité, la classe, le handicap, etc. Autrement dit, nous voulons comprendre ce qui se construit comme savoir sur le « soi » et les connaissances « autres » dans les groupes qui semblent socialement et politiquement « faire problème ». Dès lors, nous proposons de nous interroger à la manière de W.E.B. Dubois : « quel effet ça fait d’être un problème? », par quels modes de subjectivation devient-on un problème, et surtout, qui a le pouvoir de désigner, nommer et délimiter le problème?

Alors qu’il existe une large littérature et de nombreux travaux sur la marginalisation de différents groupes (personnes immigrantes, femmes autochtones, personnes réfugiées, etc.), ces études prennent rarement en compte une perspective située. Pourtant, un bon nombre de féministes, principalement les féministes noires, ont soulevé les enjeux liés à la construction du savoir situé et la force de ses perspectives. En effet, les perspectives et questions de recherche sont à considérer autrement lorsqu’il s’agit de travailler avec un groupe donné et non pas sur ce dernier. D’autres normativités, points de vue et praxis sont à visibiliser. Et nos approches et méthodes de recherche sont à repenser.

Nous désirons par ce colloque réunir des chercheurs et chercheuses de différents horizons disciplinaires qui s’intéressent aux enjeux de recherche liés à la représentation, au couple savoir-pouvoir, et aux questions épistémologiques et méthodologiques qu’ils suggèrent.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
Discutant-e- de la session : Anahi MORALES HUDON
section icon Date : 11 mai 2017

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