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E. Allyn Smith : UQAM - Université du Québec à Montréal
Selon Loftus (1975), la présentation d’une information nouvelle au témoin d’un évènement pourrait influencer les témoignages subséquents de ce témoin. La présente étude tente de reproduire les résultats de Loftus afin d’en apprendre davantage à propos des caractéristiques linguistiques favorisant ou défavorisant la désinformation.
Les participants regardaient une vidéo puis répondaient à un questionnaire dans lequel était présupposée, pour le tiers des participants, une information vraie; pour le deuxième tiers, une information fausse; et pour le reste, aucune information. La semaine suivante, tous les participants recevaient la même version d’un second questionnaire qui ciblait l’information critique. Ils ont également passé un test de mémoire de travail.
Les données sont en cours de collecte. L’analyse sera centrée sur la proportion de faux rapports selon qu’une information vraie, une information fausse ou pas d’information a été présupposée. Si les faux rapports sont plus fréquents en présence d’une présupposition fausse, il sera possible de conclure que des questions posées après un événement peuvent influencer le rapport qu’en fera le témoin. Cela pourrait signifierait que les techniques d’interrogatoire actuelles menacent l’intégrité des témoignages judiciaires en introduisant de nouvelles informations que les témoins ne peuvent plus distinguer de leurs souvenirs.
Référence
Loftus, E. F. (1975). Leading Questions and The Eyewitness Report. Cognitive Psychology,
550-572.
La linguistique judiciaire (forensic linguistics) regroupe les recherches axées sur le langage dans les contextes de travail relatifs à la justice. Langue et justice ont en effet partie liée : l’interrogatoire, l’aveu, la plaidoirie et le jugement sont affaire de discours, tout comme le sont également parfois, en amont, l’infraction ou le crime lui-même — qu’il s’agisse de menace, d’incitation à la haine ou de plagiat, pour ne nommer que ceux-là. La manière même dont ces discours sont construits contraint l’interprétation qui en est donnée et, de ce fait, les conséquences légales et sociales qui en découlent. Le colloque réunira les chercheurs francophones intéressés par l’étude du langage dans toutes les sphères du système judiciaire et à toutes les étapes d’intervention. Il s’agira d’exploiter des thèmes liés à l’analyse des discours de l’enquête policière ou du tribunal — produits par les acteurs impliqués dans les enquêtes ou les procès : policiers, juges et avocats, mais aussi témoins et jurés — de même qu’à l’analyse de données langagières pour l’enquête policière ou le tribunal : par exemple, les discours qui font l’objet du litige constituent des indices ou sont apportés en preuve lors d’un procès.
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