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Céline SALA : Université de Montpellier
Puisque l’image occupe aujourd’hui une place incontournable en communication contemporaine, il parait fondamental d’éduquer à cette dernière. Dès l’école primaire, les élèves devraient systématiquement apprendre à décoder, interpréter et mettre à distance les images. D’ailleurs, un grand nombre de disciplines scolaires contribuent de près ou de loin à l’éducation au regard. La classe d’histoire qui, par tradition, repose sur la lecture critique de diverses sources, nous parait un espace privilégié pour réfléchir l’apport de l’interdisciplinarité (Martel, 2015) quant au développement de compétences en littératie visuelle, voire multimodale (Lebrun, Lacelle et Boutin, 2015; 2012). Dans cette communication, nous présenterons un projet de collaboration France-Québec qui nous a permis d’expérimenter auprès d’élèves et d’enseignants des pratiques d’enseignement/apprentissage interdisciplinaires tournées vers la lecture d’images. À partir de ces dernières, en présence dans différents ensembles multimodaux (Domingo, Jewitt et Kress, 2015) - par exemple des œuvres d’art, photographies, illustrations, etc. - et organisés sous forme d’enquêtes culturelles (Villagordo et Sala, 2014), nous avons cherché à mettre en lumière - et en comparaison - les savoirs et les pratiques que des enseignants et des élèves québécois et français (co)construisent – ou non – lorsqu’ils utilisent des supports multimodaux, liés à une thématique historique donnée, où l’image joue un rôle de premier plan. Ce sont les premiers fragments de ces savoirs et pratiques qui seront ici présentés et discutés.
Les historiens se sont intéressés tardivement à l’image, notamment parce que le texte a longtemps eu préséance (Vanderdorpe, 2012). Aujourd’hui, alors qu’elle domine les communications contemporaines, il semble fondamental d’éduquer à l’image afin d’apprendre à la décoder, l’interpréter et la mettre à distance. En France (et moindrement au Québec), l’étude de l’image est désormais bien installée dans les programmes, en particulier celui d’histoire. Les pratiques pédagogiques dans les classes illustrent, entre autres, que le croisement du texte et de l’image est devenu une habitude pour les enseignants de l’Hexagone (Delporte et Gachet, 2002). En classe, l’image tend pourtant à rester un témoin rapide de ce qui a été dit ou lu, un complément pédagogique. Plus préoccupant, l’apprentissage de la lecture d’images semble encore peu pris en compte (Lebrun, Lacelle et Lebrun, 2102; Martel et Cartier, 2016). Comment décoder et interpréter une image? Lit-on de la même manière une image fixe ou mobile? Fait-on dans nos écoles un vrai travail d’historien et de géographe avec l’image? Quelle méthodologie doit-on mettre en œuvre pour cela? Quels sont les types de documents iconographiques privilégiés, avec quelles finalités, pour quels apprentissages? Quelles sont les disciplines scolaires contributives à la lecture de l’image et quels sont les apports spécifiques des disciplines de l’histoire et de la géographie? Prenant appui sur l’expertise de divers intervenants, ce colloque propose une réflexion à regards croisés (notamment France-Québec) sur ces interrogations. Pour ce faire, les points de vue de divers chercheurs et intervenants en éducation seront sollicités afin de dresser un portrait des perspectives actuelles et à venir en matière d’éducation à l’image en contexte d’enseignement ou d’apprentissage des humanités et de la culture.
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