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Olivier Patris : Haute Éole Charlemagne
Cette communication articulera la présentation de dispositifs d'enseignement-apprentissage, l'analyse des résultats obtenus grâce à ces dispositifs et une réflexion théorique portant sur la didactique de l'écrit professionnel.
Les dispositifs qui seront présentés ont été conçus et expérimentés dans le cadre d'activités d'apprentissage en rédaction professionnelle destinées aux étudiants des Bacheliers Assistant de direction et Gestion hôtelière de la Haute École Charlemagne à Verviers en Belgique. Ces dispositifs permettent aux étudiants de développer leurs compétences en rédaction professionnelle tout en travaillant à la construction de leur identité professionnelle. Pour atteindre ce double objectif, les séquences didactiques proposées alternent la pratique de la rédaction professionnelle lors de stages en entreprise et des activités d'apprentissage en classe de français. Au cœur de ces dispositifs, on trouve la notion d'identité narrative, telle que l'ont notamment théorisée Paul Ricœur (1990) et David Carr (1992). Cette notion permet notamment d'alimenter, lors d'ateliers d'écriture, le travail de rédaction grâce à l'analyse d'extraits d'œuvres de fiction.
La présentation de chaque dispositif didactique donnera lieu à une réflexion sur l'évaluation des résultats obtenus et cherchera à s'inscrire dans une réflexion plus large sur la didactique de l'écrit professionnel et l'apprentissage des processus d'écriture de haut niveau.
Bien que les écrits professionnels soient cruciaux dans notre société et se situent au cœur des activités quotidiennes des travailleurs, un écart s’observe entre les attentes des employeurs et la capacité à communiquer par écrit des diplômés du postsecondaire (MELS et MESRST, 2013). Qu’on les nomme « écrits utilitaires » ou « écrits fonctionnels », ces textes ont pour but, entre autres, de transmettre un message d’information ou d’incitation à l’action (courriel, argumentaire de vente, manuel d’utilisateur, etc.) ou de reconstruire des pratiques (rapport d’intervention, rapport d’incident, notes d’évolution, etc.). Le scripteur, en dehors de l’exploitation du potentiel épistémique et heuristique de l’écriture (Blaser, Saussez et Bouhon, 2014), écrit pour être compris, avec une écriture de type communicationnel associée à l’accomplissement d’un mandat (Beaudet et Rey, 2012). Des enjeux socioéconomiques de différents ordres entrent en ligne de compte, et les acteurs concernés peuvent être tout aussi influents que nombreux. Les écrits professionnels servent alors, par exemple, à défendre une image professionnelle ou identitaire, à sceller une entente ou à soutenir une preuve à la cour. Conséquemment, il importe de former les futurs travailleurs à l’écriture professionnelle en tenant compte de ces enjeux et de contribuer de manière efficace au développement de la compétence à produire des écrits professionnels attendue dans l’exercice d’un métier ou d’une profession (Pelletier et Lachapelle, 2016). Qui plus est, il s’avère pertinent de se demander comment y parvenir dans un contexte où les difficultés des étudiants de niveau postsecondaire à produire les écrits demandés dans toutes les disciplines sont notables et en appellent à la nécessité de mesures de soutien (Donahue, 2008; Pollet, 2001; Thyrion, 2011). Les pratiques d’accompagnement devraient reposer sur la mise en place d’activités disciplinaires pertinentes, comportant des tâches qui s’inscrivent dans des contextes spécifiques et qui concernent différents types d’écrits. Il s’agirait en somme de « transformer la part langagière du travail en contenus didactiques » (Adami et André, 2012).
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