Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Léonard Moulin : Institut national d'études démographiques
La région Île-de-France compte aujourd’hui dix-sept universités, caractérisées à la fois par des logiques concurrentielles et par des complémentarités, selon un fonctionnement systémique. Ce dernier contribue à différencier les établissements selon plusieurs critères, et notamment selon l’origine sociale et les parcours scolaires des étudiant.e.s. Cette communication s’intéresse aux trajectoires universitaires étudiantes et à leur rôle en termes de différenciation de publics entre les universités franciliennes. Pour comprendre la construction socialement différenciée des trajectoires universitaires, nous conjuguons deux méthodes longitudinales : un suivi quantitatif2 (analyse de séquences) et qualitatif3 (entretiens répétés) d’étudiant.e.s inscrit.e.s en Droit et en
AES (Administration Économique et Sociale) entre 2007 et 2011. Le croisement de méthodes qualitatives et quantitatives nous permet de replacer les types de trajectoires universitaires dans les trajectoires familiales et scolaires des étudiant.e.s pour interroger l’apprentissage des dispositions à s’orienter au fil des cursus. Nous montrons, d’une part, que les trajectoires majoritaires, de « poursuite d’étude dans un même établissement » et de « sortie » du système universitaire, participent à une certaine homogénéisation des publics étudiants à travers un processus de sélection sociale et scolaire des étudiant.e.s qui conduit à une réduction des écarts entre universités. D’autre part, nous montrons que les trajectoires « interuniversitaires » participent à un accroissement des écarts de recrutement entre universités à travers l’attraction des étudiant.e.s les mieux dotés vers les établissements les mieux placés symboliquement.
Ce colloque sera l’occasion d’échanger sur les enjeux actuels politiques et sociaux pour une meilleure représentation des conditions de vie et des sources d’inégalités associées au parcours de vie des populations. Les participants présenteront les concepts, approches, données, méthodologies et résultats développés, actuels et futurs, dans le but de souligner l’apport du longitudinal dans la compréhension des inégalités. Comment ces études longitudinales permettent-elles d’identifier les facteurs pouvant être source d’inégalités, à différents moments dans le parcours de vie de groupes d’individus, dans des contextes en mutation ? Quelles données sont actuellement disponibles et quelles autres seront collectées dans le futur?
Titre du colloque :
Thème du colloque :