Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Céline Bellot : Université de Montréal
A partir d’une étude ethnographique sur la judiciarisation de l’itinérance à Val d’or, l’objectif est de montrer comment la judiciarisation constitue un enjeu majeur pour les femmes autochtones en situation d’itinérance. Cette étude croisant, observations participantes, analyse des documents officiels, données judiciaires et entrevues auprès des acteurs-clé permet de montrer comment la construction du problème de l’itinérance autour d’une question de sécurité publique renforce les pratiques discriminatoires. Certes, si au quotidien, les femmes autochtones en situation d’itinérance, subissent de multiples rapports d’inégalités, de dominations et d’oppression, le recours à la judiciarisation, loin de les placer dans un espace de sécurité, renforce les discriminations vécues. En outre, les difficultés à recevoir de l’aide imposent un cadre punitif à de nombreuses mesures de soutien. Ainsi, à partir de ce regard croisé, des pistes de solution seront abordées, autour du renforcement de la sécurisation personnelle et identitaire dans les interventions.
La croissance des inégalités sociales en Amérique du Nord et en Europe a fait l’objet, ces dernières années, d’une analyse approfondie par des chercheurs de renom en économie (Piketty, 2013; Stiglitz, 2012). Si ces études montrent la croissance notable des écarts de revenu et contribuent à remettre au jour la question des inégalités, elles tendent néanmoins à offrir une lecture sociologique des inégalités sociales simplifiée, en contribuant à nourrir une représentation binaire du monde social où règne une fracture entre le 1 % des plus puissants et la masse indifférenciée des 99 %, et en laissant ainsi de côté la « longue cascade d’inégalités plus fines » (Dubet, 2014) qui s’observent entre les grandes inégalités de conditions. Ce colloque propose de se saisir de l’actualité de la question des inégalités afin de les aborder et les réfléchir « par le bas ». Étudier les inégalités sociales « par le bas » signifie : 1) de les appréhender comme des processus dynamiques, ce qui, à rebours des approches totalisantes ou surplombantes, permet de saisir les mobilités et réversibilités qui se font souvent à petite échelle, entre les grands écarts de condition; 2) d’accorder un statut légitime à la « face subjective des inégalités sociales » (Drulet, 2011) et notamment au ressenti des inégalités, et cela, en prêtant une attention particulière aux « petites inégalités »; et 3) de saisir le caractère éminemment relatif des inégalités sociales en mettant à jour la manière dont les acteurs mesurent leurs aspirations et les différents affronts auxquels ils font face en se comparant soit à « leurs semblables », soit à ceux qu’ils jugent distincts et éloignés de soi. Ce colloque cherche donc à mieux comprendre, par la restitution d’enquêtes empiriques, la manière dont les petites inégalités sociales s’expriment dans les subjectivités, les pratiques et les interactions de la vie quotidienne en vue d’éclairer leurs conditions sociales de (re)production ainsi que leurs effets.
Titre du colloque :
Thème du colloque :