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Droit de propriété et chez-soi en péril : conséquences psychosociales des évictions sans faute

GB

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Genevieve Breault : Université Concordia

Résumé de la communication

Le Québec possède ses propres législations et tribunaux destinés à encadrer le louage résidentiel. Très peu documentées, les expériences de négociation du droit du logement impliquent la difficile rencontre entre des droits liés à la propriété privée et des droits civils. Au-delà des discours théorisés par les groupes de défense de droits des personnes locataires, nous avons poursuivi l’objectif de documenter comment ces inégalités prennent forme dans le quotidien et quels sont les ressentis qui accompagnent ces expériences. Ainsi, nous nous sommes intéressées à la façon dont les personnes locataires nomment et racontent leurs expériences négatives. À partir de quel moment les positions locataires-locateurs entrent-elles dans ce qui peut être considéré comme un conflit? Selon quels critères commencent-elles à être ressenties comme intolérables ou injustes? Quels éléments doivent être présents dans la prise de décision de mobiliser ou non le droit pour solutionner un conflit vécu? À partir de quand les sentiments négatifs qui accompagnent l’expérience du conflit, notamment la colère, la tristesse et l’anxiété, affectent le bien-être, mais également l’état de santé physique et psychologique des personnes locataires? La présente proposition s’intéresse plus particulièrement au vécu des personnes locataires qui se voient menacées de perdre leur logement alors qu’elles sont « sans faute », c’est-à-dire qu’aucun comportement ne leur est reproché et qu’elles paient leur loyer.

Résumé du colloque

La croissance des inégalités sociales en Amérique du Nord et en Europe a fait l’objet, ces dernières années, d’une analyse approfondie par des chercheurs de renom en économie (Piketty, 2013; Stiglitz, 2012). Si ces études montrent la croissance notable des écarts de revenu et contribuent à remettre au jour la question des inégalités, elles tendent néanmoins à offrir une lecture sociologique des inégalités sociales simplifiée, en contribuant à nourrir une représentation binaire du monde social où règne une fracture entre le 1 % des plus puissants et la masse indifférenciée des 99 %, et en laissant ainsi de côté la « longue cascade d’inégalités plus fines » (Dubet, 2014) qui s’observent entre les grandes inégalités de conditions. Ce colloque propose de se saisir de l’actualité de la question des inégalités afin de les aborder et les réfléchir « par le bas ». Étudier les inégalités sociales « par le bas » signifie : 1) de les appréhender comme des processus dynamiques, ce qui, à rebours des approches totalisantes ou surplombantes, permet de saisir les mobilités et réversibilités qui se font souvent à petite échelle, entre les grands écarts de condition; 2) d’accorder un statut légitime à la « face subjective des inégalités sociales » (Drulet, 2011) et notamment au ressenti des inégalités, et cela, en prêtant une attention particulière aux « petites inégalités »; et 3) de saisir le caractère éminemment relatif des inégalités sociales en mettant à jour la manière dont les acteurs mesurent leurs aspirations et les différents affronts auxquels ils font face en se comparant soit à « leurs semblables », soit à ceux qu’ils jugent distincts et éloignés de soi. Ce colloque cherche donc à mieux comprendre, par la restitution d’enquêtes empiriques, la manière dont les petites inégalités sociales s’expriment dans les subjectivités, les pratiques et les interactions de la vie quotidienne en vue d’éclairer leurs conditions sociales de (re)production ainsi que leurs effets.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 11 mai 2017

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