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Éducation française et enseignement du judaïsme à l’École Maïmonide : identités de genre et de religion

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Christine CHEVALIER-CARON : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Suite à l’indépendance du Maroc en 1956, plusieurs milliers de personnes juives ont immigré du Maroc au Canada. Majoritairement francophones, ces populations se sont principalement établies à Montréal, où ils et elles pensaient avoir accès une éducation francophone semblable à celle dispensée au Maroc. La réalité était autre : orientés-es vers le système d’éducation anglophone, les non-catholiques avaient une accessibilité restreinte à une éducation francophone. Un deuxième problème se posait, les écoles confessionnelles juives proposaient une éducation ashkénaze se différenciant à bien des égards de la tradition sépharade. Face à ce double problème, des leaders communautaires ont entrepris de mettre en place une institution scolaire francophone sépharade : l’École Maïmonide, qui initia ses activités en 1969. Soucieuse d’offrir un programme sans distinction de genre, la direction de l’école a adapté certains enseignements traditionnellement réservés aux garçons afin que les filles en bénéficient aussi, comme la célébration de la Bat Mitzva et de la prière du matin.
L’étude de la formation offerte par l’école à ces nouvelles arrivantes nous permettra d’illustrer en quoi le cursus proposé par l’École Maïmonide a contribué, 1- à la promotion de l’égalité entre les jeunes filles et garçons de la communauté; 2- à l’intégration de ses membres à la société québécoise; 3- tout en participant à la préservation d’une identité sépharade par le programme d’éducation religieuse qui leur était offert. L’analyse des archives de la CSUQ et le dépouillement de la Voix Sépharade nous permettra d’étayer cette hypothèse.

Résumé du colloque

Le religieux constitue un élément central dans la transmission identitaire à l’intérieur des diasporas et dans l’initiation à la participation citoyenne de leurs membres dans le pays qui les accueille. Les mémoires individuelles et collectives des nouveaux arrivants sont chargées de considérations par rapport à leurs héritages ethnoculturels et religieux qui influencent leurs trajectoires d’intégration dans une société moderne sécularisée et plurielle. Le contact avec cette dernière déclenche souvent une recomposition identitaire chez ces individus qui peut provoquer des mutations de la symbolique du religieux et des changements de leurs pratiques religieuses. Les femmes, en particulier, composent avec les exigences parfois contradictoires des morales traditionnelles et les normes véhiculées par la modernité.

Ce bouleversement identitaire entraîne dans certains cas un cloisonnement des identités autour de marqueurs communautaires et religieux. Ce repli identitaire, engendré par des motivations ou des justifications religieuses, risque d’être instrumentalisé et de devenir la couveuse de frustrations et d’actes de violence. À l’opposé, la société plurireligieuse et pluriculturelle gérée par un État de droit offre aussi l’occasion de multiplier les dialogues intercommunautaires, interreligieux et interculturels dans un environnement pacifié. Ces échanges peuvent mener à des dialogues citoyens, à du prosélytisme, voire à des conversions au sein des communautés diasporiques, ces dynamiques amenant à leur tour leur propre lot de questionnements et d’enjeux.

C’est à travers une approche interdisciplinaire de ces thèmes que le colloque s’interroge sur les reconfigurations des identités religieuses au sein des communautés diasporiques dans un contexte interculturel ou multiculturel, sur les impacts sur les convictions et les pratiques religieuses qu’entraînent ces recompositions identitaires, ainsi que sur les enjeux sociaux et politiques que celles-ci soulèvent. Le colloque prend ainsi la forme d’une journée de conférences divisée en quatre blocs, chacun correspondant à un aspect du thème général : 1) les recompositions identitaires : mutations de la symbolique du religieux et transformation des pratiques; 2) les formes et enjeux des dialogues interreligieux et interculturels dans une perspective citoyenne; 3) les risques d’instrumentalisation de l’identité religieuse à des fins de violence; et 4) la situation particulière des femmes : entre les exigences des morales traditionnelles et modernes.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 11 mai 2017

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