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Marie-Claude Larouche : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Nous présenterons une recherche-développement (Van der Maren, 1996) menée avec le Musée des beaux-arts de Montréal dans le but de stimuler le raisonnement d’élèves du primaire, en accord avec les visées particulières du domaine de l’univers social propres à l’école québécoise (Larouche, Landry et Fillion, 2014). Dans un contexte d’interdisciplinarité arts visuels et histoire-géographie, une situation d’apprentissage (SA) combinant visite muséale et technologie mobile a été élaborée afin de tirer profit d’œuvres d’arts figuratives, i.e. des scènes de genre et des paysages, pour l’étude de la société québécoise et de son territoire vers 1900. Lors de la visite, l’utilisation d’une tablette numérique remplit diverses fonctions favorisant l’appropriation et l’interprétation des œuvres. D’une part, elle sert au repérage et à l’observation ludique des œuvres ciblées au moyen d’une application conçue pour l’expérience; elle sert aussi à la prise de photographies. D’autre part, lors d’un atelier de création, elle devient un outil pour la réalisation et la publication en ligne d’un reportage vidéo sur une œuvre ciblée. À la suite de la mise à l’essai de cette SA par trois classes d’élèves de 3e cycle primaire, l’analyse des vidéos recueillis et d’entretiens réalisés avec des élèves nous amène à discuter des enjeux associés à l’exploitation de ce corpus pour stimuler le raisonnement en univers social au contact d’œuvres d’art pour l’étude de la société québécoise et de son territoire.
Les historiens se sont intéressés tardivement à l’image, notamment parce que le texte a longtemps eu préséance (Vanderdorpe, 2012). Aujourd’hui, alors qu’elle domine les communications contemporaines, il semble fondamental d’éduquer à l’image afin d’apprendre à la décoder, l’interpréter et la mettre à distance. En France (et moindrement au Québec), l’étude de l’image est désormais bien installée dans les programmes, en particulier celui d’histoire. Les pratiques pédagogiques dans les classes illustrent, entre autres, que le croisement du texte et de l’image est devenu une habitude pour les enseignants de l’Hexagone (Delporte et Gachet, 2002). En classe, l’image tend pourtant à rester un témoin rapide de ce qui a été dit ou lu, un complément pédagogique. Plus préoccupant, l’apprentissage de la lecture d’images semble encore peu pris en compte (Lebrun, Lacelle et Lebrun, 2102; Martel et Cartier, 2016). Comment décoder et interpréter une image? Lit-on de la même manière une image fixe ou mobile? Fait-on dans nos écoles un vrai travail d’historien et de géographe avec l’image? Quelle méthodologie doit-on mettre en œuvre pour cela? Quels sont les types de documents iconographiques privilégiés, avec quelles finalités, pour quels apprentissages? Quelles sont les disciplines scolaires contributives à la lecture de l’image et quels sont les apports spécifiques des disciplines de l’histoire et de la géographie? Prenant appui sur l’expertise de divers intervenants, ce colloque propose une réflexion à regards croisés (notamment France-Québec) sur ces interrogations. Pour ce faire, les points de vue de divers chercheurs et intervenants en éducation seront sollicités afin de dresser un portrait des perspectives actuelles et à venir en matière d’éducation à l’image en contexte d’enseignement ou d’apprentissage des humanités et de la culture.
Titre du colloque :