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France Robertson : OBNL-autochtone
La mobilité des populations autochtones vers les zones urbaines est grandissante avec les années (Statistique Canada, 2012). De plus en plus de familles, plus particulièrement les femmes, se retrouvent en milieu urbain pour diverses raisons. Le fait de s’installer en ville, le plus souvent en compagnie de jeunes enfants, comporte des défis et enjeux qui peuvent apporter des conséquences aux familles. Les Centres d'amitié autochtones agissent comme des pôles de convergence pour les Autochtones, offrant un milieu de vie et des services culturellement pertinents et sécurisants. Un des principaux obstacles vécus par ces femmes dans les villes concerne l’accès aux services, particulièrement dans les secteurs de la santé, des services sociaux et de l’éducation. On constate que, malgré leur disponibilité, ces services sont très peu fréquentés par les Autochtones pour plusieurs raisons historiques, comme la méfiance à l’égard des institutions, ainsi que de mauvaises expériences liées au racisme. France Robertson, directrice générale du centre d’amitié. Autochtone de Lanaudière, exposera les situations et défis que les femmes vivent et ce que le centre d’amitié autochtone de Lanaudière pose comme actions pour remédier à ces situations.
Si les Autochtones, durant la période précédant et suivant immédiatement le contact, évoluaient en tant que sociétés politiques autonomes déterminant leurs propres régimes de citoyenneté, cette situation changea radicalement à la suite de la promulgation de la Loi sur les Indiens, qui leur retira la possibilité de déterminer leurs critères d’appartenance tout en les écartant de la citoyenneté de la société majoritaire. Avec le Livre blanc en 1969, on tenta de leur octroyer une citoyenneté canadienne, mais sans reconnaissance de leur caractère distinct, ce qui fut rejeté par les Autochtones en tant que politique d’assimilation. Ceux-ci recadrèrent alors leurs revendications selon les impératifs de la décolonisation et une reconnaissance de leur spécificité. Des auteurs comme Kymlicka, Seymour et Tully ont aussi contribué à inclure leurs droits au sein d’une théorie libérale des droits des minorités et de la reconnaissance, bien que des auteurs autochtones comme Alfred et Coulthard critiquent celle-ci comme reproduisant la structure coloniale.
Encore aujourd’hui, il appert que les politiques gouvernementales ne permettent pas aux Autochtones de définir les critères de leur identité et de leur citoyenneté. La création d’espaces de production et de reproduction de cette identité, inscrite dans un rapport étroit avec le territoire, constitue aujourd’hui un enjeu fondamental. Bien que le débat soit projeté à une échelle internationale et transnationale depuis de nombreuses décennies avec des résultats mitigés, des mouvements comme Idle No More redéfinissent le cadre protestataire autochtone en projetant les revendications à une échelle panautochtone, en formulant des demandes en lien avec celles d’autres « nouveaux mouvements sociaux » (environnement, justice sociale, féminisme, altermondialisme) et en employant des moyens contemporains (manifestations de masse, médias sociaux) qui court-circuitent les élites et les canaux institutionnels.