pen icon Colloque
quote

Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées : une réponse aux résistances autochtones?

VG

Membre a labase

Véronica GOMES : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Je m’intéresse à l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées qui a été annoncée en 2015 par le gouvernement du Canada. Cette commission a pour mandat de faire l’examen systémique des causes qui contribuent à la violence faite aux femmes autochtones ainsi que d’examiner les facteurs qui pourraient expliquer pourquoi il y a une augmentation des taux de violence envers elles afin de formuler des recommandations de mesures à prendre pour éliminer ces causes systémiques de violence.

Cette enquête, qui fait face au constat des 1200 femmes autochtones qui ont été assassinées ou portées disparues en 30 ans, n’est pas la première mesure que prend le gouvernement canadien face aux revendications des Premières Nations. En 1991, il y eut la Commission royale sur les peuples autochtones qui a fait suite à la crise d’Oka, puis la Commission de vérité et réconciliation en 2007 sur le système des pensionnats du Canada qui a pris forme après un grand recours collectif.

Je présenterai les faits et les pressions qui ont été historiquement à l’origine des autres commissions d’enquête, pour ensuite identifier les éléments à la base de l’Enquête nationale actuelle dans le but d’identifier les continuités et les ruptures entre ces commissions. Ensuite, je tenterai de faire des liens entre la violence faite aux femmes autochtones et leurs dynamiques de résistances, leurs organisations et leurs alliances qui semblent être à l’origine de cette enquête.

Résumé du colloque

Partant du titre du célèbre texte d’Audre Lorde, féministe lesbienne noire états-unienne, ce colloque entend mettre en question les modalités de construction et de transmission des savoirs, connaissances et praxis des groupes marginalisés, qui sont construits comme des problèmes sociaux dans différents contextes. L’objectif principal est de définir comment et quels savoirs-connaissances sont construits et transmis dans ces groupes sur « eux-mêmes » en termes d’enjeux divers, notamment liés à la racisation, le genre, la sexualité, la classe, le handicap, etc. Autrement dit, nous voulons comprendre ce qui se construit comme savoir sur le « soi » et les connaissances « autres » dans les groupes qui semblent socialement et politiquement « faire problème ». Dès lors, nous proposons de nous interroger à la manière de W.E.B. Dubois : « quel effet ça fait d’être un problème? », par quels modes de subjectivation devient-on un problème, et surtout, qui a le pouvoir de désigner, nommer et délimiter le problème?

Alors qu’il existe une large littérature et de nombreux travaux sur la marginalisation de différents groupes (personnes immigrantes, femmes autochtones, personnes réfugiées, etc.), ces études prennent rarement en compte une perspective située. Pourtant, un bon nombre de féministes, principalement les féministes noires, ont soulevé les enjeux liés à la construction du savoir situé et la force de ses perspectives. En effet, les perspectives et questions de recherche sont à considérer autrement lorsqu’il s’agit de travailler avec un groupe donné et non pas sur ce dernier. D’autres normativités, points de vue et praxis sont à visibiliser. Et nos approches et méthodes de recherche sont à repenser.

Nous désirons par ce colloque réunir des chercheurs et chercheuses de différents horizons disciplinaires qui s’intéressent aux enjeux de recherche liés à la représentation, au couple savoir-pouvoir, et aux questions épistémologiques et méthodologiques qu’ils suggèrent.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
Discutant-e- de la session : Sonia Ben Soltane
section icon Date : 11 mai 2017

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :