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Entre inégalités ressenties et action collective : analyse empirique des discours et registres d’action

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Nicolas Zorn : Université de Montréal

Résumé de la communication

Les inégalités sociales font régulièrement les manchettes depuis quelques années déjà, mais la relation entre les perceptions d’inégalités, les discours et l’action collective gagnerait à être explorée davantage. Les résultats d’une vaste démarche délibérative sur les inégalités sociales, organisé par l’Institut du Nouveau Monde en 2013 et 2014, offrent cette opportunité. Cette démarche citoyenne ayant mobilisé 5000 participant.e.s de toutes les régions du Québec a généré une somme appréciable de données quantitatives et qualitatives. Parmi les activités de cette démarche, les Cafés citoyens ont permis aux participants d’aborder les enjeux de pauvreté, de mérite, d’injustice, du rôle de l’État et de la contribution fiscale des citoyens, explorant les frontières séparant l’acceptable de l’inacceptable. De plus, les micro-données de deux sondages permettront de lier les caractéristiques sociodémographiques aux perceptions, positionnements et préférences des personnes sondées. Celles-ci permettront de relier les inégalités perçues et ressenties par les citoyen.ne.s aux registres de discours utilisés, ainsi qu’aux répertoires d’actions privilégiés, trois dimensions qui ont un impact direct sur les débats publics et actions politiques.

Résumé du colloque

La croissance des inégalités sociales en Amérique du Nord et en Europe a fait l’objet, ces dernières années, d’une analyse approfondie par des chercheurs de renom en économie (Piketty, 2013; Stiglitz, 2012). Si ces études montrent la croissance notable des écarts de revenu et contribuent à remettre au jour la question des inégalités, elles tendent néanmoins à offrir une lecture sociologique des inégalités sociales simplifiée, en contribuant à nourrir une représentation binaire du monde social où règne une fracture entre le 1 % des plus puissants et la masse indifférenciée des 99 %, et en laissant ainsi de côté la « longue cascade d’inégalités plus fines » (Dubet, 2014) qui s’observent entre les grandes inégalités de conditions. Ce colloque propose de se saisir de l’actualité de la question des inégalités afin de les aborder et les réfléchir « par le bas ». Étudier les inégalités sociales « par le bas » signifie : 1) de les appréhender comme des processus dynamiques, ce qui, à rebours des approches totalisantes ou surplombantes, permet de saisir les mobilités et réversibilités qui se font souvent à petite échelle, entre les grands écarts de condition; 2) d’accorder un statut légitime à la « face subjective des inégalités sociales » (Drulet, 2011) et notamment au ressenti des inégalités, et cela, en prêtant une attention particulière aux « petites inégalités »; et 3) de saisir le caractère éminemment relatif des inégalités sociales en mettant à jour la manière dont les acteurs mesurent leurs aspirations et les différents affronts auxquels ils font face en se comparant soit à « leurs semblables », soit à ceux qu’ils jugent distincts et éloignés de soi. Ce colloque cherche donc à mieux comprendre, par la restitution d’enquêtes empiriques, la manière dont les petites inégalités sociales s’expriment dans les subjectivités, les pratiques et les interactions de la vie quotidienne en vue d’éclairer leurs conditions sociales de (re)production ainsi que leurs effets.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
Discutant-e- de la session : Stéphanie Garneau
section icon Date : 11 mai 2017

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