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Valérie Dory : Université McGill
L’évaluation de la trajectoire d’apprentissage de chaque apprenant revêt une importance capitale dans l’approche par compétences, dans ses rôles tant certifiant que formatif. Si le milieu clinique est particulièrement approprié à l’évaluation des compétences, l’organisation classique de l’externat, sous forme de stages successifs, ne favorise pas la continuité de supervision propice à l’évaluation d’une trajectoire. Nous avons tenté d’y pallier en créant un programme d’évaluation longitudinale des compétences dites intrinsèques (compétences autres l’expertise médicale) pendant la première année d’externat. Ce programme se fonde sur le recueil d’évaluations ponctuelles par divers professionnels de la santé tout au long de l’externat. Nous avons interrogé 21 professionnels de santé, lors de 2 groupes focaux et 11 entretiens semi-directifs, pour explorer comment ils ont procédé à ces évaluations. Nous avons analysé les transcriptions de manière thématique. Les participants rapportent un souci de bien faire, quitte à dévier des instructions du programme. Ce souci de bien faire peut tantôt représenter un souci d’exactitude de l’évaluation, tantôt un souci d’être utile voire de ne pas nuire à l’apprenant. Ce souci de bien faire a mené de nombreux participants à préférer utiliser leurs observations agrégées plutôt qu’une observation unique. Elle a également influé sur leur manière de compléter les formulaires et de donner une rétroaction. Enfin, les croyances des participants sur les compétences intrinsèques, leur développement, et les objectifs d’apprentissage les concernant divergeaient.
L’éducation médicale est en plein essor depuis quelques décennies. L’implantation de programmes axés sur le développement de compétence n’est certainement pas étrangère à cet essor. De plus en plus de facultés de médecine, autant au Canada qu’en Europe, mettent en place des structures pour favoriser la recherche en pédagogie des sciences de la santé. On voit apparaître, par exemple, des départements consacrés à la pédagogie médicale, des centres de simulation ou encore des laboratoires pédagogiques. Toutes ces initiatives ont pour but, ultimement, de mieux comprendre les processus pédagogiques et les contextes qui favorisent ou freinent l’apprentissage chez les apprenants. De nombreuses recherches sont aussi menées en mesure et en évaluation des apprentissages et des programmes, afin de comprendre davantage les mécanismes qui permettent de mieux évaluer les apprenants dans un contexte diagnostique, formatif ou même certificatif.
L’apprentissage est un processus d’une étonnante complexité. Cependant, force est de constater que certains apprentissages sont plus complexes que d’autres. En effet, personne n’oserait situer sur le même niveau la mémorisation et, par exemple, le raisonnement clinique. Ce colloque visera donc à faire le point sur cette notion de complexité pour mieux la comprendre et la définir. Les avancées scientifiques sur ce concept d’apprentissage complexe sont demeurées bien modestes dans les dernières décennies. En corollaire, la mesure et l’évaluation de ces apprentissages complexes demeurent aujourd’hui mal comprises. Il est toujours difficile de bien mesurer et de bien évaluer des concepts qui sont mal définis. Autour du concept de complexité, les différents chercheurs seront invités à exposer leurs plus récents travaux d’érudition dans l’un ou l’autre de ces trois axes : 1) la complexité des apprentissages; 2) la complexité des contextes d’enseignement (ex. professionnalisme, travail en équipe, etc.); et 3) la complexité de la mesure et de l’évaluation des apprentissages.
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