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Faire parler ses données : de la masse à la substance, le sens en question

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Francis Beau : Université polytechnique Hauts-de-France

Résumé de la communication

Les progrès des outils informatiques et des réseaux permettent l’accès à des masses de données (big data) dont le traitement semble devoir se prolonger pour apporter de la substance (thick data) à des données au préalable affinées (smart data). Afin d’approfondir les arguments théoriques susceptibles de légitimer une stratégie de gestion de l’information originale dont nous présentons les grandes lignes, nous analysons la nature des traitements associés à ces différentes approches de la notion de data. Nous nous appuyons pour cela sur l’observation des processus de construction de sens à l’œuvre dans nos mémoires individuelles, dont nous avons appliqué les principes à une méthode opérationnelle d’organisation des connaissances dans une mémoire collective. Du cumul des données à l’agrégation des savoirs, en passant par la représentation des connaissances, nous montrons en effet que le sens, mû par une volonté et déterminé par un besoin d’agir, occupe une place centrale dans tout dispositif de gestion de l’information, quelle que soit la forme, les volumes ou le degré d’élaboration de cette dernière (simples traces numériques isolées ou massives, représentations associées ou médias électroniques). Résolument théorique, mais fondé sur l’expérience, notre travail s’inscrit dans une démarche d’adaptation des pratiques aux progrès technologiques foncièrement pragmatique, qui revendique toutefois la volonté de ne rien abandonner à une technique de plus en plus hégémonique.

Résumé du colloque

Le sujet de ce colloque porte sur les méthodes et stratégies de gestion de l'information par les organisations dans un contexte de production de données massives (big data). Nombreuses sont les organisations qui cherchent des méthodes, stratégies afin de « faire parler » ces données et ainsi orienter leurs stratégies, leurs prise de décision, etc. Les big data fascinent du fait des potentialités qu’elles laissent entrevoir en terme de performance organisationnelle. Cependant, cela soulève des enjeux techniques, méthodologiques, organisationnels, communicationnels et éthiques auxquels il faut réfléchir. Face à l’accumulation de données massives en milieu organisationnel, l’approche privilégiée pour en tirer un sens est celle de l’analyse quantitative en vue de s’en servir pour la prise de décision. Ceci conduit à l’idée dangereuse que des données statistiques seraient plus utiles et objectives et contribueraient à rendre les organisations plus efficaces et rentables. Toutefois, cette accumulation de données chiffrées analysées statistiquement est limitée par l’absence d’un contexte significatif riche, qui pour sa part est généré par une accumulation d’éléments non chiffrés, non quantifiables, non structurés et donc difficilement mesurables, de type socio-culturel (thick data), qui doivent être étudiés par une analyse qualitative. Cette rencontre entre les big data et les thick data peut générer l’information actionnable et compléter la perspective qu’une organisation doit avoir de son environnement et l’aider à mieux orienter ses voies d’action. La gestion des données massives n’est pas uniquement une question d’outils mais de stratégies et cela nécessite qu’une réflexion soit menée sur les stratégies et méthodes mises en œuvre par les organisations pour traiter, visualiser et « faire sens » de leurs données afin de pouvoir agir.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 11 mai 2017

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