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Faire voir et entendre les métiers de l’enseignement pour résister aux sirènes de la professionnalisation

FS

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Frédéric Saussez : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

La rhétorique de la professionnalisation s’est développée autour de l’idée qu’il importait de changer en profondeur la formation à l’enseignement et les pratiques enseignantes de façon à ce que l’école soit en mesure de servir l’excellence et contribuer de cette façon, à la compétitivité de l’économie (Labaree, 1992). Le projet de professionnalisation du métier s’est alors concrétisé au Québec dans une série de réformes visant à modifier les cadres et les normes structurant autant la formation initiale à l’enseignement que le travail des enseignantes. Il a fait de l’apprentissage de nouveaux modes d’action valorisée par la recherche une variable clé de l’amélioration des performances du système éducatif (Saussez et Yvon, 2014). Cet assujettissement à la rationalité instrumentale ne conduit-il pas le métier à la clandestinité ? La rhétorique de la professionnalisation en valorisant l’idée du changement ne conduit-elle pas à ce que la compréhension du travail réel ne soit trop vite remplacée par la projection de ce qu’il devrait être au nom d’une rationalité qui lui est étrangère ? En fait, que sait-on de ce qui se réalise au jour le jour dans le quotidien du travail enseignant ? Comment dès lors préparer à, ou encore transformer, une occupation dont on ne connaît pas la réalité ? Cette communication défend la thèse que l’Analyse Ergonomique du Travail Enseignant (AETE) offre une alternative à cette position normalisatrice au regard de la formation et du travail.

Résumé du colloque

Dans la pensée éducative québécoise contemporaine, la figure de l’enseignant est dominée par celle du professionnel, celui qui est éclairé par la science, et par celle du guide, celui qui facilite les apprentissages. Ils sont tantôt des applicateurs de savoirs experts relativement désincarnés, et tantôt des accompagnateurs dont les savoirs disciplinaires sont relégués à une position accessoire. En ce sens, ces figures acculent l’enseignant à un rôle relativement instrumental d’applicateur ou de tuteur, ce qui semble insuffisant pour nourrir l’identité, le développement et la pratique de façon signifiante et satisfaisante. Comme le défend Chris Higgins dans The good life of teaching, le travail de l’enseignant en lui-même peut fonder un modèle robuste de la good life et devrait permettre aux enseignants de mener des vies réellement gratifiantes.

Ce colloque propose donc de repenser la figure de l’enseignant de manière à permettre à ce métier, ce travail, cette profession, de renouer avec son caractère « vocationnel ». S’il est un métier « incarné », porté par un engagement profond pour le devenir humain et social, c’est bien celui de l’enseignement : il s’agit donc dans ce colloque de repenser cette figure de l’enseignant à la lumière des différentes manifestations historiques, mythologiques ou réelles dans le but de chercher à la penser différemment.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 11 mai 2017

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