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Figures de la parthénos : chemins de l’ignorance, du détour et de l’ailleurs

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Eftihia Mihelakis : Brandon University

Résumé de la communication

Dans la pensée occidentale, la virginité a été pensée soit comme un corps n’ayant pas encore connu l’acte sexuel ou un corps sacrifié au service d’une alliance avec le divin. Dans les deux cas, le passage d’un statut (ignorance) à un autre (savoir) sous-entend l’arrivée vers un état accompli, achevé et irréversible. Sachant que les institutrices d’autrefois recevaient une formation similaire à celle des sœurs religieuses (Jeffrey, 2013), il est intéressant d’explorer les relations qui existent entre la notion de virginité et l’histoire de la profession d’enseignant.e.

Il s’agira ici de jeter la lumière sur quelques exemples de ces figures d’enseignant.es « vierges » dans la littérature du Québec depuis la fin des années 1950 pour les comparer aux mythes de la parthénos divine ou tragique. On interrogera la possibilité de voir la virginité et l’ignorance par-delà l’idée d’un comportement irréprochable. Pour ce faire, je ferai des liens avec la pensée d’Avital Ronell, pour qui l’espoir de briser l’emprise actuelle du régime utilitariste de l’accumulation des connaissances dépend de la suspension de l’ignorance. Pour penser avec Judith « Jack » Halberstam, on peut faire l’hypothèse que le contact avec la profession ne devrait pas être pensé comme un passage d’un état vierge à un état nécessairement fertile et achevé, mais comme une forme d’ignorance, de détour, qui chemin faisant, nous amène ailleurs.

Résumé du colloque

Dans la pensée éducative québécoise contemporaine, la figure de l’enseignant est dominée par celle du professionnel, celui qui est éclairé par la science, et par celle du guide, celui qui facilite les apprentissages. Ils sont tantôt des applicateurs de savoirs experts relativement désincarnés, et tantôt des accompagnateurs dont les savoirs disciplinaires sont relégués à une position accessoire. En ce sens, ces figures acculent l’enseignant à un rôle relativement instrumental d’applicateur ou de tuteur, ce qui semble insuffisant pour nourrir l’identité, le développement et la pratique de façon signifiante et satisfaisante. Comme le défend Chris Higgins dans The good life of teaching, le travail de l’enseignant en lui-même peut fonder un modèle robuste de la good life et devrait permettre aux enseignants de mener des vies réellement gratifiantes.

Ce colloque propose donc de repenser la figure de l’enseignant de manière à permettre à ce métier, ce travail, cette profession, de renouer avec son caractère « vocationnel ». S’il est un métier « incarné », porté par un engagement profond pour le devenir humain et social, c’est bien celui de l’enseignement : il s’agit donc dans ce colloque de repenser cette figure de l’enseignant à la lumière des différentes manifestations historiques, mythologiques ou réelles dans le but de chercher à la penser différemment.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 11 mai 2017

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