Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Karel Soumagnac : Université de Bordeaux
Dans le cadre d’un programme de recherche-action portant sur la médiation numérique du patrimoine, nous analysons les méthodes de gestion des données de recherche par l’ensemble des acteurs qui y participent. Actuellement, la gestion et la mise à disposition des données de recherche constituent un enjeu en termes de durabilité de l’information (sustainability). Nous faisons l’hypothèse que ce travail de gestion rend compte d’une épaisseur socio-culturelle des données (thick data) dans le but de servir le projet commun d’une science en réseau. Nous nous situons dans une perspective ethnographique et sociale de la recherche en abordant les ressources numériques patrimoniales, les terrains d’observation et les acteurs selon l’approche de l’action située, dans une perspective de cognition distribuée et suivant une dimension systémique. Nous présentons d’abord les enjeux actuels des modes de gestion des données de recherche dans le cadre de la recherche-action. Ensuite nous revenons sur la méthodologie de recherche en soulignant les caractéristiques documentaires et communicationnelle de la conservation, du traitement et de la communication des données dans le cadre d’un écosystème informationnel ouvert. Nous terminons par le travail de valorisation, d’information et de médiation documentaire des données que la communauté de pratiques souhaite mettre en place pour qu’elles puissent être visibles, compréhensibles et accessibles à tous.
Le sujet de ce colloque porte sur les méthodes et stratégies de gestion de l'information par les organisations dans un contexte de production de données massives (big data). Nombreuses sont les organisations qui cherchent des méthodes, stratégies afin de « faire parler » ces données et ainsi orienter leurs stratégies, leurs prise de décision, etc. Les big data fascinent du fait des potentialités qu’elles laissent entrevoir en terme de performance organisationnelle. Cependant, cela soulève des enjeux techniques, méthodologiques, organisationnels, communicationnels et éthiques auxquels il faut réfléchir. Face à l’accumulation de données massives en milieu organisationnel, l’approche privilégiée pour en tirer un sens est celle de l’analyse quantitative en vue de s’en servir pour la prise de décision. Ceci conduit à l’idée dangereuse que des données statistiques seraient plus utiles et objectives et contribueraient à rendre les organisations plus efficaces et rentables. Toutefois, cette accumulation de données chiffrées analysées statistiquement est limitée par l’absence d’un contexte significatif riche, qui pour sa part est généré par une accumulation d’éléments non chiffrés, non quantifiables, non structurés et donc difficilement mesurables, de type socio-culturel (thick data), qui doivent être étudiés par une analyse qualitative. Cette rencontre entre les big data et les thick data peut générer l’information actionnable et compléter la perspective qu’une organisation doit avoir de son environnement et l’aider à mieux orienter ses voies d’action. La gestion des données massives n’est pas uniquement une question d’outils mais de stratégies et cela nécessite qu’une réflexion soit menée sur les stratégies et méthodes mises en œuvre par les organisations pour traiter, visualiser et « faire sens » de leurs données afin de pouvoir agir.
Titre du colloque :