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Gratuité et gratification

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Mathilde Cambron-Goulet : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Il est bien connu que Socrate ne recevait pas d’argent pour son enseignement. Cette critique de la perception d’un salaire par les enseignants, pratiquée notamment par les sophistes (Blank, 1985), était courante chez les philosophes antiques et particulièrement chez Platon, Xénophon et Aristote. Ce refus de recevoir un salaire repose sur une conception pour le moins particulière de la rétribution de l’enseignant : celui-ci, en effet, développe une relation d’amitié avec son élève, or une personne que l’on paie est, précisément, une personne avec laquelle on ne souhaite pas entrer en relation. Cette relation entre l’élève et l’enseignant est toutefois asymétrique, et comme le signale Azoulay (2004, 136-138), les bienfaits de Socrate à l’endroit de ses compagnons sont tels que ceux-ci ne pourraient les lui rendre. Quels bienfaits, justement, les compagnons de Socrate sont-ils en mesure de lui rendre? Cette intervention vise à examiner les profits matériels et intellectuels qui font de l’enseignement une activité gratifiante, qui mérite d’être choisie pour elle-même, en s’appuyant sur les œuvres de Platon, de Xénophon et d’Aristote, dans lesquelles les critiques de l’enseignant salarié sont les plus virulentes.

Résumé du colloque

Dans la pensée éducative québécoise contemporaine, la figure de l’enseignant est dominée par celle du professionnel, celui qui est éclairé par la science, et par celle du guide, celui qui facilite les apprentissages. Ils sont tantôt des applicateurs de savoirs experts relativement désincarnés, et tantôt des accompagnateurs dont les savoirs disciplinaires sont relégués à une position accessoire. En ce sens, ces figures acculent l’enseignant à un rôle relativement instrumental d’applicateur ou de tuteur, ce qui semble insuffisant pour nourrir l’identité, le développement et la pratique de façon signifiante et satisfaisante. Comme le défend Chris Higgins dans The good life of teaching, le travail de l’enseignant en lui-même peut fonder un modèle robuste de la good life et devrait permettre aux enseignants de mener des vies réellement gratifiantes.

Ce colloque propose donc de repenser la figure de l’enseignant de manière à permettre à ce métier, ce travail, cette profession, de renouer avec son caractère « vocationnel ». S’il est un métier « incarné », porté par un engagement profond pour le devenir humain et social, c’est bien celui de l’enseignement : il s’agit donc dans ce colloque de repenser cette figure de l’enseignant à la lumière des différentes manifestations historiques, mythologiques ou réelles dans le but de chercher à la penser différemment.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 11 mai 2017

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