pen icon Colloque
quote

Informalisation du travail de soutien à domicile à travers l’allocation directe : le chèque emploi-service

LH

Membre a labase

Laurence Hamel-Roy : Université Concordia

Résumé de la communication

Cette présentation permettra d’exposer les résultats d’une enquête portant sur l’engagement au travail des préposées au soutien à domicile embauchées par l’entremise du système d’allocation directe chèque emploi service au Québec, dont la spécificité tient de la participation des usagers-ères des services à titre "d’employeurs-euses" de leur personnel (de par le pouvoir d’embauche, de renvoi et de gestion des tâches et horaires octroyé). De tels systèmes sont non seulement en expansion en raison des importantes économies budgétaires qu’ils dégagent, mais également du fait qu’ils permettent à l’État de se désengager, tant auprès des personnes nécessiteuses des services de soutien à domicile que de la main-d’œuvre mobilisée.

La communication a pour objectif de mettre en lumière les effets du glissement du lien d’emploi (de l’État vers les usagers-ères) sur la main-d’œuvre salariée. À l’interface du rapport salarial et domestique, cette présentation permettra d’expliquer comment la configuration particulière de l’allocation directe permet, voire encourage, la précarisation des travailleuses et leur surinvestissement au travail, participant à leur apauvrissement. Seront ainsi circonscrits les différents éléments qui, au regard de l’analyse, informalisent le travail de soutien à domicile à travers la réactivation des règles de la domesticité.

Résumé du colloque

Ce colloque aborde l’objet de recherche qui oriente le GIREPS depuis sa fondation : « le travail qui rend pauvre ». Plus spécifiquement, ce colloque sera l’occasion de présenter une réflexion transversale sur la production de travailleurs et travailleuses pauvres, et l’« injonction » de travailler qui les mobilise. À cet effet, nous proposons d’analyser le phénomène des travailleurs et travailleuses pauvres dans ses interfaces avec les transformations de l’action publique et des politiques sociales, d’une part, et les mutations du travail, les conditions d’emploi et les luttes sociales, d’autre part.

Trois axes structurent ce colloque et feront l’objet d’introductions spécifiques, puis de communications ou de tables rondes. À travers le premier axe, nous nous intéresserons aux effets des politiques sociales sur les mutations du travail et de l’emploi, et la précarisation. À cet égard, le colloque accueillera des réflexions sur les réformes au régime d’assurance-emploi, mais également sur la transformation de l’assistance sociale ou sur toute autre politique ayant des incidences sur les travailleurs et travailleuses à bas salaire (revenu minimum garanti, chèque emploi-service, réglementation concernant UBER). Le deuxième axe abordera plus spécifiquement les différents régimes d’exploitation qui se mettent en place actuellement et proposera de les problématiser en termes d’imbrication des rapports sociaux. Il sera l’occasion d’expliciter la construction institutionnelle de régimes de travail contraint réservés à des travailleurs immigrants permanents et migrants temporaires, puis de revenir sur des enjeux de définition du travail et de mettre notamment en évidence les apports spécifiques des critiques féministes dans l’analyse des processus en cours à travers des réalités encore peu étudiées. Le débat sur les stages non rémunérés en milieu de travail sera abordé dans le cadre d’une table ronde. Enfin, le troisième axe de ce colloque cherchera à proposer des réflexions sur les modes de résistance et les luttes collectives dans le contexte actuel de précarisation des marchés du travail en analysant les actions se déployant à la marge du salariat classique ainsi que l’action collective dans le secteur public et dans le milieu communautaire.

Ce colloque vise à contribuer à l’avancement des connaissances sur les travailleurs et travailleuses pauvres dans une perspective pluridisciplinaire. En se saisissant de cet objet de recherche à partir des méthodes et des cadres théoriques provenant de différentes disciplines des sciences sociales (sociologie, études féministes, sciences juridiques, relations industrielles), l’objectif sera non seulement de croiser les savoirs produits sur trois thèmes particuliers (politique sociale et travailleurs et travailleuses pauvres, régimes d’exploitation et action collective), mais également de proposer une réflexion autour des enjeux actuels touchant les travailleurs et travailleuses au bas de l’échelle.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 11 mai 2017

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :