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Initiatives locales des femmes rurales pour une solidarité collective autonomisante

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Wendyam Ahmed Ouédraogo : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

Depuis l’apparition du livre de Boserup «la femme face au développement économique » en 1970 un nouveau champ de pratiques, d’interventions et d’études s’est constitué, aidé en cela par l’ONU à travers des initiatives multiples, dynamiques et d’envergure (conférences mondiales des femmes en 1975 à Mexico, 1980 à Copenhague, 1985 à Nairobi, 1995 à Beijing; la décennie de la femme; ONU femmes…). Un leadership qui a permis une mobilisation sans précédent des femmes à travers une évolution conflictuelle des approches théoriques qui, partagées entre revendications féministes et les exigences des bailleurs de fonds, ont contribué à la constitution du champ femme, genre et développement (Martinez, 2011, p. 73) et à ce que certaines appellent le phénomène d’ONGisation marqué par l’institution d’organisations féminines bureaucratisées (Falquet, 2003). Malgré la réalité du phénomène, une étude ethnographique sur les organisation et associations féminines rurales au Burkina Faso dans la région du Centre-Est permet de porter un autre éclairage sur les inégalités de genre que les femmes essayent de subvertir (les hommes ayant l'exclusivité pour l'accession au foncier et pour la production du riz, première source de revenu dans la localité) : les rivalités entre femmes selon l'appartenance ethnique, le statut social, l'origine territoriale et la mouvance politique d'adhésion. Le front de solidarité féminine est ainsi traversé même au niveau interne par des lignes de fractures et d’opposition.

Résumé du colloque

La croissance des inégalités sociales en Amérique du Nord et en Europe a fait l’objet, ces dernières années, d’une analyse approfondie par des chercheurs de renom en économie (Piketty, 2013; Stiglitz, 2012). Si ces études montrent la croissance notable des écarts de revenu et contribuent à remettre au jour la question des inégalités, elles tendent néanmoins à offrir une lecture sociologique des inégalités sociales simplifiée, en contribuant à nourrir une représentation binaire du monde social où règne une fracture entre le 1 % des plus puissants et la masse indifférenciée des 99 %, et en laissant ainsi de côté la « longue cascade d’inégalités plus fines » (Dubet, 2014) qui s’observent entre les grandes inégalités de conditions. Ce colloque propose de se saisir de l’actualité de la question des inégalités afin de les aborder et les réfléchir « par le bas ». Étudier les inégalités sociales « par le bas » signifie : 1) de les appréhender comme des processus dynamiques, ce qui, à rebours des approches totalisantes ou surplombantes, permet de saisir les mobilités et réversibilités qui se font souvent à petite échelle, entre les grands écarts de condition; 2) d’accorder un statut légitime à la « face subjective des inégalités sociales » (Drulet, 2011) et notamment au ressenti des inégalités, et cela, en prêtant une attention particulière aux « petites inégalités »; et 3) de saisir le caractère éminemment relatif des inégalités sociales en mettant à jour la manière dont les acteurs mesurent leurs aspirations et les différents affronts auxquels ils font face en se comparant soit à « leurs semblables », soit à ceux qu’ils jugent distincts et éloignés de soi. Ce colloque cherche donc à mieux comprendre, par la restitution d’enquêtes empiriques, la manière dont les petites inégalités sociales s’expriment dans les subjectivités, les pratiques et les interactions de la vie quotidienne en vue d’éclairer leurs conditions sociales de (re)production ainsi que leurs effets.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 11 mai 2017

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