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Fatoumata CAMARA : Université de Montréal
Dans un contexte de colonisation, et face, à l’insuffisance de son personnel et de ses moyens financiers la France a dû recourir dans ses possessions à l’assistance des populations dominées pour mener à bien son projet colonial. Ainsi, si au début celles-ci étaient considérées comme peu aptes à assimiler le savoir scientifique occidental, très tôt, les réalités du terrain ont mené à leur intégration progressive dans le processus de médicalisation des populations autochtones, piliers essentiels du projet d’exploitation coloniale. Toutefois, malgré le rôle important que ce personnel colonisé était appelé à jouer, le pouvoir colonial, dans le but de maintenir son «hégémonie» a toujours cherché à asseoir un contrôle sur lui. Dans cette perspective, notre communication, à travers l’analyse d’archives et de travaux d’anciens médecins, aura pour objectif de décortiquer l’incidence des rapports dominants-dominés dans la construction d’inégalités dans l’acquisition du savoir et la pratique de la profession médicale dans une colonie africaine, le Sénégal, au XXe siècle.
La croissance des inégalités sociales en Amérique du Nord et en Europe a fait l’objet, ces dernières années, d’une analyse approfondie par des chercheurs de renom en économie (Piketty, 2013; Stiglitz, 2012). Si ces études montrent la croissance notable des écarts de revenu et contribuent à remettre au jour la question des inégalités, elles tendent néanmoins à offrir une lecture sociologique des inégalités sociales simplifiée, en contribuant à nourrir une représentation binaire du monde social où règne une fracture entre le 1 % des plus puissants et la masse indifférenciée des 99 %, et en laissant ainsi de côté la « longue cascade d’inégalités plus fines » (Dubet, 2014) qui s’observent entre les grandes inégalités de conditions. Ce colloque propose de se saisir de l’actualité de la question des inégalités afin de les aborder et les réfléchir « par le bas ». Étudier les inégalités sociales « par le bas » signifie : 1) de les appréhender comme des processus dynamiques, ce qui, à rebours des approches totalisantes ou surplombantes, permet de saisir les mobilités et réversibilités qui se font souvent à petite échelle, entre les grands écarts de condition; 2) d’accorder un statut légitime à la « face subjective des inégalités sociales » (Drulet, 2011) et notamment au ressenti des inégalités, et cela, en prêtant une attention particulière aux « petites inégalités »; et 3) de saisir le caractère éminemment relatif des inégalités sociales en mettant à jour la manière dont les acteurs mesurent leurs aspirations et les différents affronts auxquels ils font face en se comparant soit à « leurs semblables », soit à ceux qu’ils jugent distincts et éloignés de soi. Ce colloque cherche donc à mieux comprendre, par la restitution d’enquêtes empiriques, la manière dont les petites inégalités sociales s’expriment dans les subjectivités, les pratiques et les interactions de la vie quotidienne en vue d’éclairer leurs conditions sociales de (re)production ainsi que leurs effets.
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