Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Claire Delisle : Université d'Ottawa
Au Canada, il y a environ entre 1690 et 300,000 apatrides (Kane & Balazzo, 2017). L’écart est dû au différentes définitions de l’apatridie adoptées par les agences gouvernementales canadiennes qui mesurent ces cas. Ces personnes n’ont pas accès à un grand nombre de droits qui sont enchâssés dans la Charte canadienne, incluant le droit de travailler, se déplacer librement, se faire soigner, conduire une voiture ou s’éduquer, entre autres. Une des démarches de notre partenariat en recherche-action (Mapping Statelessness in Canada-- MSC) est la mise sur pied en février 2016 d’un réseau de personnes travaillant sur ce problème et militant pour les personnes apatrides, incluant des analystes de politiques, avocats, chercheurs et les apatrides eux-même. En mettant en commun nos connaissances sur le sujet, nous militons pour l’éradication de l’apatridie, mais aussi pour des mesures ponctuelles qui viendront alléger le fardeau occasionné par cette situation. Le MSC est fondé sur une approche décolonisatrice, collaborative, et horizontale. Nous sommes en train de mettre sur pied un comité aviseur pour guider ce projet de recherche-action, composé de militant dans le domaine et de personnes apatrides. Des personnes apatrides participeront avec nous toutes les phases de recherche, afin d’assurer que leurs voix, leurs expériences et leurs connaissances se retrouvent au centre du projet axée sur les conséquences de vie de l’apatridie.
La croissance des inégalités sociales en Amérique du Nord et en Europe a fait l’objet, ces dernières années, d’une analyse approfondie par des chercheurs de renom en économie (Piketty, 2013; Stiglitz, 2012). Si ces études montrent la croissance notable des écarts de revenu et contribuent à remettre au jour la question des inégalités, elles tendent néanmoins à offrir une lecture sociologique des inégalités sociales simplifiée, en contribuant à nourrir une représentation binaire du monde social où règne une fracture entre le 1 % des plus puissants et la masse indifférenciée des 99 %, et en laissant ainsi de côté la « longue cascade d’inégalités plus fines » (Dubet, 2014) qui s’observent entre les grandes inégalités de conditions. Ce colloque propose de se saisir de l’actualité de la question des inégalités afin de les aborder et les réfléchir « par le bas ». Étudier les inégalités sociales « par le bas » signifie : 1) de les appréhender comme des processus dynamiques, ce qui, à rebours des approches totalisantes ou surplombantes, permet de saisir les mobilités et réversibilités qui se font souvent à petite échelle, entre les grands écarts de condition; 2) d’accorder un statut légitime à la « face subjective des inégalités sociales » (Drulet, 2011) et notamment au ressenti des inégalités, et cela, en prêtant une attention particulière aux « petites inégalités »; et 3) de saisir le caractère éminemment relatif des inégalités sociales en mettant à jour la manière dont les acteurs mesurent leurs aspirations et les différents affronts auxquels ils font face en se comparant soit à « leurs semblables », soit à ceux qu’ils jugent distincts et éloignés de soi. Ce colloque cherche donc à mieux comprendre, par la restitution d’enquêtes empiriques, la manière dont les petites inégalités sociales s’expriment dans les subjectivités, les pratiques et les interactions de la vie quotidienne en vue d’éclairer leurs conditions sociales de (re)production ainsi que leurs effets.
Titre du colloque :
Thème du colloque :