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Myriam Lemonchois
Parce que la culture est un terme polysémique, derrière la voix en apparence unanime qui appelle la culture à l’école, les pratiques pédagogiques révèlent souvent des théories éducatives profondément opposées. La définition de la culture de F. Dumont (1968) a le mérite d’éviter les oppositions entre les tenants d’une définition sociologique de la culture, souvent inspirés par les anciens programmes au Québec, qui insistent sur l’importance de prendre en compte la culture de l’élève, et les tenants d’une définition académique, au sens traditionnel du terme, qui insistent sur l’importance de la culture générale à l’école. Mais dans les documents officiels au Québec, les acceptions du mot « culture » varient d’un domaine à l’autre (Saint-Jacques et Chené, 2002). Si le nouveau programme exige des changements, il ne semble pas fournir de règles précises pour y parvenir (Cournoyer, 2006 : 116). Il est donc facile d’énoncer a postériori que la formation des enseignants a eu pour finalité de former des passeurs culturels, même si au départ cela n’était pas explicite dans les intentions pédagogiques des formateurs. En s’appuyant sur diverses recherches sur l’intégration de la culture dans les enseignements, et sur les définitions de « démarche culturelle » et d’ « expérience culturelle », la communication analysera différentes situations en formation initiale à l’enseignement au primaire.
Dans les années 2000, la réforme de l’école québécoise a souligné l’importance de l’acquisition de compétences, disciplinaires et transversales, chez les élèves, et la nécessité de sensibiliser ces derniers à la dimension culturelle des apprentissages. Au même moment, le ministère de l’Éducation a publié un document consacré à la professionnalisation des futurs enseignants décrivant douze compétences professionnelles à acquérir par ceux-ci, parmi lesquelles celle du maître cultivé, héritier, critique et interprète d’objets de savoirs et de culture (La formation à l’enseignement, 2001). Depuis lors, la diversité ethnoculturelle croissante des milieux éducatifs a suscité chez certains une réflexion sur la nécessité de développer chez les enseignants une compétence interculturelle.
Comment les universités se sont-elles saisies de la formation culturelle des futurs enseignants? Comment l’approche culturelle se traduit-elle dans les programmes universitaires de formation initiale qui préparent tant à l’enseignement primaire qu’à l’enseignement secondaire? Quelles actions pédagogiques ont été prises pour soutenir l’appropriation de ressources culturelles, la prise en compte et le développement d’une réflexion sur les pratiques culturelles des étudiants? La culture est-elle devenue désormais une compétence? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles ce colloque tentera d’apporter des réponses.
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