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La filière « matériel de transport » au Québec : comparaison des conditions d’emploi et de travail dans deux usines québécoises

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Emilie AUNIS : Université Laval

Résumé de la communication

Après de multiples rebondissements, l’appel d’offres pour le renouvellement du métro montréalais a donné lieu en octobre 2012 à un consortium entre deux grand groupes fabricants de matériel de transport ayant des usines situées au Québec. L’usine A, construite à l’occasion du contrat en 2012, produit les bogies tandis que l’usine B, spécialisée dans le transport depuis 1974, fabrique les pièces primaires, les sous-ensembles mineurs et majeurs des voitures et procède à l’assemblage des bogies aux voitures. Alors que le recours à la sous-traitance est relativement limité dans chacune des usines, (sous-traitance de spécialité pour l’usine A, sous-traitance dans d’autres usines du groupe pour l’usine B) et que par ailleurs l’emploi atypique est quasi-inexistant dans chacune des entités, qu’en est-il réellement des conditions d’emploi et de travail des salariés qui œuvrent en leur sein ? En l’absence de travail atypique, peut-on pour autant affirmer que l’emploi et les conditions de travail sont garanties pour ces travailleurs locaux? Comment la logique de contrat et la dépendance aux fournisseurs influencent-elles le maintien de l’emploi d’un côté et l’évolution des conditions de travail dans le temps de l’autre ? A partir d’une série d’entretiens avec les acteurs locaux et syndicaux, de l’analyse des conventions collectives actuelles et antérieures de chacune des usines, ainsi que d’une revue de presse, cette communication propose de dresser un portrait de ces établissements permettant de mieux en comprendre l’histoire socio-économique et le type de main-d’œuvre mobilisé, pour interroger ensuite les relations d’emploi et les conditions de travail propres à chacune des usines et leurs évolutions dans le temps.

Résumé du colloque

De manière croissante, le travail contemporain s’effectue non plus dans le cadre de la relation d’emploi classique entre un salarié et un employeur, mais au sein de nouvelles configurations organisationnelles transversales aux entreprises : sous-traitance, travail en intérim, travail indépendant. Ces configurations ont pour effet de fragmenter les collectifs de travail et de bouleverser le cadre de la relation d’emploi, avec des conséquences importantes sur le travail, l’emploi et l’action collective. Paradoxalement, alors que les rapports sociaux de travail dépassent les frontières de l’entreprise, les dispositifs de protection et de représentation des travailleurs (surtout en Amérique du Nord), tout comme la majeure partie des travaux scientifiques sur le travail et l’emploi, continuent de prendre l’entreprise pour unité d’analyse et d’action. Pour comprendre les relations d’emploi contemporaines, il apparaît donc nécessaire de déplacer l’objet de l’analyse du plan de l’entreprise à celui du secteur ou de la chaîne de valeurs, ce qui permet de prendre en compte la nature des relations entre les entreprises et entre elles, et leurs différents types de main-d’œuvre. En outre, c’est souvent à ce niveau que se développent les innovations en matière de protection sociale et de dialogue social.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 11 mai 2017

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