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Catherine SKIDDS : CREDP - Centre de recherche et d’enseignement sur les droits de la personne
Cette communication aura pour objet d’étude les trois essais publiés par Suzanne Jacob, dans lesquels fiction et réflexion théorique s’entremêlent. Le premier, soit La bulle d’encre, est un texte phare de l’œuvre jacobienne puisqu’elle y développe la notion de « fictions dominantes », qui est au cœur de sa démarche littéraire. Le second, soit Comment pourquoi, avait pour mission de nous renseigner quant au processus créateur de l’auteure, mais devient plutôt le récit de comment Jacob n’a pas écrit Comment pourquoi. Le dernier, soit Histoires de s’entendre, inspiré par un cours de création littéraire donné par l’auteure, vise à fournir quelques notions plus théoriques concernant le processus de rédaction.
Jacob affirme dans Histoires de s’entendre qu’« [o]n ne peut penser et parler, penser et transmettre, penser et agir que grâce à la capacité fictionnelle de la langue ». Ainsi, nous nous demandons : (comment) peut-on écrire de la « non-fiction » lorsque notre instrument de base, la langue, est une fiction ? La réponse semble se trouver dans le rapport de l’auteure à l’écriture, que nous analyserons d’abord, pour ensuite étudier comment cette perspective se traduit dans la forme qu’empruntent ses essais. En effet, nous comptons porter une attention particulière à la réflexion entourant l’acte d’écrire développée par l’auteure en nous concentrant sur les métaphores, les comparaisons et le vocabulaire employés. Nous chercherons également à identifier certaines caractéristiques des essais jacobiens, notamment leur relation avec la fiction. Ce seront autant d’indices révélateurs de la posture de l’auteure, qui nous permettront de définir le rapport qui s’établit de manière générale entre les essais et les textes de fictions de Jacob.
Le colloque Explorer, réfléchir, créer, bouleverser : l’essai littéraire comme espace de recherche-création souhaite approcher et explorer l’art de l’essai en examinant ses pratiques, ses caractéristiques et ses possibilités dans les démarches de recherche-création en création littéraire.
Quelles sont les perspectives de la recherche-création en création littéraire que l’essai permet d’aborder? Quelles sont ses formes, ses caractéristiques et comment les pratiques d’écriture en ligne contribuent-elles à en transformer la pratique? L’essai offre-t-il un espace privilégié où il est possible de réfléchir et de créer lorsque l’on est à la fois chercheur et artiste en maintenant, plutôt qu’en résolvant, la tension entre recherche et création? Comment l’essai permet-il à l’écrivain et au chercheur-créateur de penser les enjeux de sa pratique artistique, de sa discipline, voire du champ des savoirs? Comment s’établit la relation entre l’essai et les autres pans de l’œuvre d’un écrivain? Plus particulièrement, l’essai peut-il être un instrument de création littéraire, voire un mode privilégié de cheminement dans diverses pratiques artistiques? Ainsi, à la faveur du développement de la recherche-création au sein du monde universitaire, nous souhaitons susciter un questionnement sur l’essai en tant qu’approche de la création et de la connaissance, et comme mode de participation à la vie intellectuelle.
Ce colloque, qui a lieu le jeudi 11 mai 2017, dans le cadre du 85e Congrès de l’Acfas (Université McGill, Montréal), sera l’occasion pour le public, les conférenciers et l’équipe de la Chambre claire, dirigée par Kateri Lemmens (UQAR) et subventionnée par le FRQSC, d’approfondir ses recherches sur l’art de l’essai, ses modalités et ses pratiques. Ce colloque regroupe ainsi des présentations et des échanges qui explorent l’essai autour des axes suivants :
– Les formes et les caractéristiques de l’essai en littérature et en recherche-création en création littéraire.
– Les modalités des transformations de la pratique de l’essai par les pratiques d’écriture en ligne.
– Les caractéristiques de l’essai comme pratique littéraire et artistique et comme conciliation de la recherche et de la création en milieu universitaire.
– L’essai comme espace de pensée et d’exploration : de la subjectivité, de l’intimité, du savoir, de la connaissance, du social, du politique, de la création, etc.
– La situation et le rôle de l’essai au cœur de l’œuvre et de la pratique d’un écrivain.
– L’essai comme modalité d’écriture de la pensée chez les femmes.
Repères bibliographiques : on pourra consulter la bibliographie élaborée par l’équipe de recherche sur le site du projet : http://chambreclaire.org/projet/bibliographie.