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François PAPALE : Université de Montréal
Dans cette présentation, nous analyserons la valeur épistémique des espèces naturelles à partir de la maxime du pragmatisme classique telle que formulée par Peirce (1879 [1878]) et James (2010 [1907]) et selon laquelle le sens d’un énoncé se résume aux implications pratiques de celui- ci. La question que nous nous poserons est la suivante : quel est l'impact épistémique d’un acte classificatoire ? La tradition des espèces naturelles se positionne clairement face à de telles questions : la classification rend possible l’inférence inductive (Dupré 2001; Slater 2014) et c’est ainsi qu’elle a un impact concret sur l’entreprise scientifique.
Nous suggérons une analyse opposée : en réduisant la valeur d’un acte classificatoire aux théories qui le justifient et aux propriétés qui définissent les catégories (Quine 1970), l’acte classificatoire apparaît alors comme n’ayant aucun impact épistémique sur la construction du savoir et donc comme étant dénudé de sens selon la maxime pragmatiste. En l’absence de preuves concrètes de l’impact épistémique de la classification, nous inviterons à dépasser le pluralisme récemment mis de l’avant au sein de la tradition des espèces naturelles (Dupré 1993; Slater 2014) afin de favoriser des méthodes descriptives permettant de rendre compte de l’irréductible hétérogénéité du monde réel (Godfrey-Smith 2009; Malaterre 2010).
Preuve, témoignage et vérité : congrès annuel de la Société de philosophie du Québec
Toutes les connaissances développées au cours du temps sont le résultat du génie humain. Même si nous avons maintenant tendance à les tenir pour acquises, l’ensemble de nos vérités s’est constitué au cours d’un processus d’évaluation, de critique, de recherche et de raffinement sans lequel aucune d’entre elles n’aurait pu voir le jour.
Au centre de ce processus se trouvent la preuve et le témoignage, deux notions qui jouent un rôle décisif dans l’établissement des vérités au centre de la connaissance. La vérité dépend en effet des critères que nous avons pour distinguer le vrai du faux, et parmi ces critères, la preuve et le témoignage sont constamment invoqués à l’appui des affirmations que nous faisons dans les différentes disciplines du savoir humain. Cela signifie en bref que, sans témoignages ni preuves, la vérité confine à la fiction.
Réfléchir aux notions de preuve et de témoignage, c’est ainsi faire une contribution essentielle à l’avancement des connaissances en fournissant une compréhension accrue et raffinée des critères de la science. Distinguer un témoignage valable d’un témoignage suspicieux ou insuffisant, une preuve fiable d’une preuve invalide ou incomplète, fournit aux savants une meilleure compréhension de la vérité et des manières d’y parvenir.
Titre du colloque :