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Marty Laforest : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Avec l’essor des réseaux sociaux, la question de l’évaluation du danger représenté par un message haineux ou menaçant se pose avec une acuité renouvelée. En effet, les réseaux sociaux ont donné naissance à un foisonnement de discours brefs, dont le tweet, court message diffusé sur Twitter, est emblématique. Et si tout citoyen a aujourd’hui la possibilité de s’exprimer publiquement sur une diversité de sujets, cela ne va pas sans dérive : la contrainte de la brièveté n’invite pas à la nuance et la violence verbale peut être accrue par l’anonymat des auteurs et l’ampleur de la circulation du message, ce qui augmente la difficulté de statuer sur sa valeur pragmatique.
Notre objectif est d’évaluer la perception du danger représenté par un tweet haineux, c’est-à-dire dans lequel est annoncée la survenue possible d’un mal perpétré à l’encontre d’une certaine cible, individuelle ou collective. Comment le citoyen «ordinaire» lit-il ce tweet et, plus spécifiquement, quels traits linguistiques du message peuvent-ils l’amener à le prendre au sérieux ? Telle est la question à laquelle nous tenterons de répondre en nous fondant sur les résultats d’un test de perception au cours duquel les participants étaient amenés à évaluer un corpus de tweets plus ou moins sensibles. L’analyse des messages considérés comme les plus dangereux nous permettra de mieux circonscrire les composantes sémantiques et (socio)pragmatiques caractéristiques du tweet jugé haineux.
La linguistique judiciaire (forensic linguistics) regroupe les recherches axées sur le langage dans les contextes de travail relatifs à la justice. Langue et justice ont en effet partie liée : l’interrogatoire, l’aveu, la plaidoirie et le jugement sont affaire de discours, tout comme le sont également parfois, en amont, l’infraction ou le crime lui-même — qu’il s’agisse de menace, d’incitation à la haine ou de plagiat, pour ne nommer que ceux-là. La manière même dont ces discours sont construits contraint l’interprétation qui en est donnée et, de ce fait, les conséquences légales et sociales qui en découlent. Le colloque réunira les chercheurs francophones intéressés par l’étude du langage dans toutes les sphères du système judiciaire et à toutes les étapes d’intervention. Il s’agira d’exploiter des thèmes liés à l’analyse des discours de l’enquête policière ou du tribunal — produits par les acteurs impliqués dans les enquêtes ou les procès : policiers, juges et avocats, mais aussi témoins et jurés — de même qu’à l’analyse de données langagières pour l’enquête policière ou le tribunal : par exemple, les discours qui font l’objet du litige constituent des indices ou sont apportés en preuve lors d’un procès.
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