pen icon Colloque
quote

La photographie : trois perspectives en enseignement des sciences humaines au primaire

JP

Membre a labase

Julia Poyet : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

« Chaque équipe (de 4 ou 5) a un appareil photo. numérique. Vous devez partir dans le quartier en ballade et prendre en photo le patrimoine.

- Madame, c’est quoi le patrimoine ?

- C’est justement ce que je veux savoir. »

Ainsi débuta l’atelier 3 du projet Ville-Marie 2015. Mon intention était de compiler toutes les images captées par les élèves de cette classe de cinquième année d’une école de Centre-Sud, pour voir si elles pourraient me donner des indications sur leurs représentations du concept. Ces photographies seraient ensuite soumises à l’ensemble du groupe, regardées, décrites, triées pour ne garder « que les meilleures ». Les meilleures ? Les meilleures pourquoi ? Pour quoi ? Qu’allons-nous faire ensemble cette année ? Un film, une exposition, une bande dessinée… ? Les élèves ont voté : les meilleures pour construire, ensemble, un livre documentaire sur l’histoire du quartier. L’image cristallisation du concept devient alors source historique puis support du propos. Le présent capturé par les élèves est confronté au passé en noir et blanc, à l’archive. Comment comprendre ces « vieilles » images ? Que nous disent-elles sur la vie des élèves qui étaient assis sur les bancs cette école il y a 50 ans, 100 ans ?

À travers cette communication, je souhaite témoigner de l’utilisation de la photographie dans trois perspectives en enseignement des sciences humaines : comme étape du processus de conceptualisation, comme source historique et comme outil de communication des résultats d’une recherche.

Résumé du colloque

Les historiens se sont intéressés tardivement à l’image, notamment parce que le texte a longtemps eu préséance (Vanderdorpe, 2012). Aujourd’hui, alors qu’elle domine les communications contemporaines, il semble fondamental d’éduquer à l’image afin d’apprendre à la décoder, l’interpréter et la mettre à distance. En France (et moindrement au Québec), l’étude de l’image est désormais bien installée dans les programmes, en particulier celui d’histoire. Les pratiques pédagogiques dans les classes illustrent, entre autres, que le croisement du texte et de l’image est devenu une habitude pour les enseignants de l’Hexagone (Delporte et Gachet, 2002). En classe, l’image tend pourtant à rester un témoin rapide de ce qui a été dit ou lu, un complément pédagogique. Plus préoccupant, l’apprentissage de la lecture d’images semble encore peu pris en compte (Lebrun, Lacelle et Lebrun, 2102; Martel et Cartier, 2016). Comment décoder et interpréter une image? Lit-on de la même manière une image fixe ou mobile? Fait-on dans nos écoles un vrai travail d’historien et de géographe avec l’image? Quelle méthodologie doit-on mettre en œuvre pour cela? Quels sont les types de documents iconographiques privilégiés, avec quelles finalités, pour quels apprentissages? Quelles sont les disciplines scolaires contributives à la lecture de l’image et quels sont les apports spécifiques des disciplines de l’histoire et de la géographie? Prenant appui sur l’expertise de divers intervenants, ce colloque propose une réflexion à regards croisés (notamment France-Québec) sur ces interrogations. Pour ce faire, les points de vue de divers chercheurs et intervenants en éducation seront sollicités afin de dresser un portrait des perspectives actuelles et à venir en matière d’éducation à l’image en contexte d’enseignement ou d’apprentissage des humanités et de la culture.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 11 mai 2017

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :