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La place de la réflexivité dans les processus de construction d’identité de chercheur

MK

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Mokhtar KADDOURI : Université de Lille

Résumé de la communication

De plus en plus de professionnels oeuvrant dans différents champs de pratique (Consultance, GRH, Syndicalisme, formation des adultes, santé…) s’engagent dans des formations de cycles supérieurs. Si certaines de ces formations affichent clairement l’instauration de dispositifs explicites de réflexivité, la formation à la recherche oblige ipso facto à la réflexivité comme composante inhérente à la posture de chercheur. L’une des questions à laquelle nous tenterons de répondre concerne l’usage que ces professionnels en reprises d’études supérieures, font de cette réflexivité qui le plus souvent met à mal leur identité de professionnels. Nous faisons l’hypothèse que la pertinence de ce type de réflexivité reste tributaire, d’une part, de son usage subjectif par celles et ceux qu’elle concerne, d’autre part, de la nature des relations intersubjectives qui s’instaurent pour chacun, dans le cadre du groupe d’étudiants analysant collectivement leurs pratiques de recherche. Les données empiriques qui seront mobilisées proviennent de professionnels en formation à la recherche dans des séminaires doctoraux et dans le cadre de master 2 en Sciences de l’Education. Sachant que l’un des critères de la réflexivité consiste en la capacité de construction d’un rapport de distanciation (et non pas de distance) à son positionnement d’acteur social, nous chercherons ici à analyser le rôle que joue l’expérience de la réflexivité dans les processus de construction d’une posture de recherche et par là même de son identité de chercheur.

Résumé du colloque

De nombreuses formations visent à favoriser la réflexivité (Donnay et Charlier, 2008) dans différents champs professionnels — éducation (Charlier et coll., 2013 ; Tardif et coll., 2012; Vacher, 2015), santé (Ghaye, 2006), psychologie (Scaife, 2010), ingénierie (Rouvrais, 2013). Les deux précédents colloques à l’Acfas (2015, 2016) ont analysé les liens entre réflexivité, expérience déstabilisante et changement d’une part, et réflexivité, compétences, identité d’autre part.

Nous différencions réflexion et réflexivité (Donnay et coll., 2008). Réfléchir, dans le deuxième sens, c’est mettre en mental, adopter une position méta par rapport à la situation, grâce à un système de représentations (souvent le langage). La réflexivité (Schön, 1994) permettrait au praticien d’adopter une posture d’extériorité en se distanciant d’une partie de la situation : la personne regarde la situation de l’extérieur pour tenter de l’objectiver, mais réalise aussi un retour sur elle-même, se regardant agir en situation et analysant les surdéterminations qui contribuent à structurer son rapport à sa pratique et aux acteurs concernés. Cette posture d’extériorité est facilitée par un tiers : personnes ou grilles de lecture.

Les dispositifs de formation à la réflexivité sont nombreux, sans compter ceux non documentés dont la visée est de faire réfléchir, mais qui ne s’affichent pas ainsi (Chaubet et coll., 2016). La réflexivité est souvent pratiquée en groupe selon des méthodologies diverses. Dans le cadre de ce colloque, dans la continuité des deux précédents, nous interrogerons les processus en jeu dans ces situations de formation en groupe, ainsi que les effets de ces dispositifs collectifs. Quels sont les éléments du dispositif collectif qui favorisent la réflexivité? En quoi? Comment? Quelle est la dimension affective de ces processus? Quel est le rôle de l’Autre ou des Autres? Quelles sont les dimensions cognitives, affectives, professionnelles et identitaires touchées?

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 11 mai 2017

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