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Olivier Dezutter : Université de Sherbrooke
Au sein du domaine général de la littératie académique, nous avons proposé (Lousada et Dezutter, 2016) de classer les textes produits dans le contexte universitaire en deux sphères selon le statut des scripteurs et la visée des textes. À l’intérieur de la sphère universitaire, les étudiants exercent leur métier d’étudiant et apprennent le futur métier qu’ils exerceront dans la vie professionnelle; pour ce faire, ils produisent les textes demandés par les professeurs et évalués par eux. À l’intérieur de la sphère académique, les professeurs-chercheurs exercent leur métier de formateur et de chercheur, et produisent une série de textes à objectifs multiples.
À l’intersection des deux sphères nous situons les productions des étudiants des programmes de formation à la recherche (maîtrise ou doctorat) telles l’avant-projet de recherche, l’article scientifique et le mémoire ou la thèse, dont le but est d’apprendre le métier de chercheur et de se faire reconnaître en tant que tel. Nous présenterons les résultats d’une enquête réalisée auprès d’étudiants brésiliens à propos de leurs représentations associées à ces genres ainsi que le travail réalisé dans le cadre d’un cours spécifique offert aux étudiants et centré sur la rédaction des genres académiques. Ce cours est basé sur les travaux relatifs à l’analyse des discours de Bronckart (1999) et à la didactisation des genres (Dolz, Pasquier et Bronckart, 1993; Schneuwly et Dolz, 2004).
Bien que les écrits professionnels soient cruciaux dans notre société et se situent au cœur des activités quotidiennes des travailleurs, un écart s’observe entre les attentes des employeurs et la capacité à communiquer par écrit des diplômés du postsecondaire (MELS et MESRST, 2013). Qu’on les nomme « écrits utilitaires » ou « écrits fonctionnels », ces textes ont pour but, entre autres, de transmettre un message d’information ou d’incitation à l’action (courriel, argumentaire de vente, manuel d’utilisateur, etc.) ou de reconstruire des pratiques (rapport d’intervention, rapport d’incident, notes d’évolution, etc.). Le scripteur, en dehors de l’exploitation du potentiel épistémique et heuristique de l’écriture (Blaser, Saussez et Bouhon, 2014), écrit pour être compris, avec une écriture de type communicationnel associée à l’accomplissement d’un mandat (Beaudet et Rey, 2012). Des enjeux socioéconomiques de différents ordres entrent en ligne de compte, et les acteurs concernés peuvent être tout aussi influents que nombreux. Les écrits professionnels servent alors, par exemple, à défendre une image professionnelle ou identitaire, à sceller une entente ou à soutenir une preuve à la cour. Conséquemment, il importe de former les futurs travailleurs à l’écriture professionnelle en tenant compte de ces enjeux et de contribuer de manière efficace au développement de la compétence à produire des écrits professionnels attendue dans l’exercice d’un métier ou d’une profession (Pelletier et Lachapelle, 2016). Qui plus est, il s’avère pertinent de se demander comment y parvenir dans un contexte où les difficultés des étudiants de niveau postsecondaire à produire les écrits demandés dans toutes les disciplines sont notables et en appellent à la nécessité de mesures de soutien (Donahue, 2008; Pollet, 2001; Thyrion, 2011). Les pratiques d’accompagnement devraient reposer sur la mise en place d’activités disciplinaires pertinentes, comportant des tâches qui s’inscrivent dans des contextes spécifiques et qui concernent différents types d’écrits. Il s’agirait en somme de « transformer la part langagière du travail en contenus didactiques » (Adami et André, 2012).
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