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La réflexivité collective sous-exploitée dans les formations universitaires?

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Philippe Chaubet : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Au Québec, l’université veut former des enseignants réflexifs pour les écoles primaires et secondaires : curieux, vifs à résoudre les situations courantes ou inédites d’une profession complexe, prompts à tirer des leçons, informés, critiques.Cet idéal suppose un premier pas : stimuler la réflexivité des étudiants pendant leurs études. Certains formateurs déploient ainsi de savants dispositifs, reconnus pour faire réfléchir. D’autres usent de stratagèmes intuitifs, implicites, mais également efficaces à mobiliser la réflexivité.Selon Dewey (2006), quelqu’un qui réfléchit mène une enquête pour résoudre un problème qui le trouble ou le bloque. Cette enquête le conduira à nuancer, voire modifier, ses façons de voir ou d’agir (Chaubet,2010). C’est notre angle d’attaque pour capter la réflexivité.Nous avons donc demandé à 16 étudiants en enseignement, de 2 départements, de nous conter en entretiens individuels semi-structurés leurs changements les plus marquants pendant 3 ans de suite. Puis nous avons analysé leurs propos par catégories conceptualisantes (Paillé et Mucchielli, 2012). L’approche est qualitative.Surprise : sur les 80 anecdotes les plus riches reconstituées, seulement 13% relèvent de réflexivité collective. Ainsi, on constate que dans sa démarche de formation, l’université sous-exploite la synergie des groupes pour faire réfléchir les étudiants. La communication analysera les types de situations qui réussissent à favoriser ces rares moments de réflexivité collective.

Résumé du colloque

De nombreuses formations visent à favoriser la réflexivité (Donnay et Charlier, 2008) dans différents champs professionnels — éducation (Charlier et coll., 2013 ; Tardif et coll., 2012; Vacher, 2015), santé (Ghaye, 2006), psychologie (Scaife, 2010), ingénierie (Rouvrais, 2013). Les deux précédents colloques à l’Acfas (2015, 2016) ont analysé les liens entre réflexivité, expérience déstabilisante et changement d’une part, et réflexivité, compétences, identité d’autre part.

Nous différencions réflexion et réflexivité (Donnay et coll., 2008). Réfléchir, dans le deuxième sens, c’est mettre en mental, adopter une position méta par rapport à la situation, grâce à un système de représentations (souvent le langage). La réflexivité (Schön, 1994) permettrait au praticien d’adopter une posture d’extériorité en se distanciant d’une partie de la situation : la personne regarde la situation de l’extérieur pour tenter de l’objectiver, mais réalise aussi un retour sur elle-même, se regardant agir en situation et analysant les surdéterminations qui contribuent à structurer son rapport à sa pratique et aux acteurs concernés. Cette posture d’extériorité est facilitée par un tiers : personnes ou grilles de lecture.

Les dispositifs de formation à la réflexivité sont nombreux, sans compter ceux non documentés dont la visée est de faire réfléchir, mais qui ne s’affichent pas ainsi (Chaubet et coll., 2016). La réflexivité est souvent pratiquée en groupe selon des méthodologies diverses. Dans le cadre de ce colloque, dans la continuité des deux précédents, nous interrogerons les processus en jeu dans ces situations de formation en groupe, ainsi que les effets de ces dispositifs collectifs. Quels sont les éléments du dispositif collectif qui favorisent la réflexivité? En quoi? Comment? Quelle est la dimension affective de ces processus? Quel est le rôle de l’Autre ou des Autres? Quelles sont les dimensions cognitives, affectives, professionnelles et identitaires touchées?

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 11 mai 2017

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