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La régulation de la « gig-économie » au Québec : enjeux, défis et critiques, le cas d’Uber

RJ

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Rabih Jamil : Université de Montréal

Résumé de la communication

La « gig économie » se caractérise par la mise en relation d’une foule «Crowd» d’organisations ou individus qui ont un stock de tâches à faire effectuer et d’une foule d’organisations ou individus qui se sont rendus disponibles pour accomplir des tâches bien précises et limitées (Risak, 2015). Uber en constitue l’archétype et, depuis 2008, a imposé une nouvelle forme de production en s’appuyant sur « l’économie de la plateforme » (Kenny, 2015) où les travailleurs-es sont identifiés-es comme des partenaires dont l’accès au travail rémunéré repose sur la marchandisation de leurs actifs personnels. Plus d’un million de travailleurs-es, dans plus 60 pays, se sont depuis engagés dans des relations contractuelles avec Uber. Ceci a évidemment affecté l’efficacité des régulations des relations de travail en vigueur (Crespo 2016, ITIF 2016). Notre communication présentera une analyse critique de la régulation d’Uber au Québec dans un contexte où nous assistons actuellement à la transformation de l’encadrement légal de l’industrie du taxi. Cette analyse s’appuiera sur une revue de la littérature sur la gig-économie, sur l’examen des projets de lois déposés à l’Assemblée Nationale et sur l’analyse du positionnement des différents acteurs politiques et sociaux, sur une revue de presse et sur une série d’entretiens exploratoires effectués auprès d’un groupe de conducteurs d’Uber au cours de 2016.

Résumé du colloque

Ce colloque aborde l’objet de recherche qui oriente le GIREPS depuis sa fondation : « le travail qui rend pauvre ». Plus spécifiquement, ce colloque sera l’occasion de présenter une réflexion transversale sur la production de travailleurs et travailleuses pauvres, et l’« injonction » de travailler qui les mobilise. À cet effet, nous proposons d’analyser le phénomène des travailleurs et travailleuses pauvres dans ses interfaces avec les transformations de l’action publique et des politiques sociales, d’une part, et les mutations du travail, les conditions d’emploi et les luttes sociales, d’autre part.

Trois axes structurent ce colloque et feront l’objet d’introductions spécifiques, puis de communications ou de tables rondes. À travers le premier axe, nous nous intéresserons aux effets des politiques sociales sur les mutations du travail et de l’emploi, et la précarisation. À cet égard, le colloque accueillera des réflexions sur les réformes au régime d’assurance-emploi, mais également sur la transformation de l’assistance sociale ou sur toute autre politique ayant des incidences sur les travailleurs et travailleuses à bas salaire (revenu minimum garanti, chèque emploi-service, réglementation concernant UBER). Le deuxième axe abordera plus spécifiquement les différents régimes d’exploitation qui se mettent en place actuellement et proposera de les problématiser en termes d’imbrication des rapports sociaux. Il sera l’occasion d’expliciter la construction institutionnelle de régimes de travail contraint réservés à des travailleurs immigrants permanents et migrants temporaires, puis de revenir sur des enjeux de définition du travail et de mettre notamment en évidence les apports spécifiques des critiques féministes dans l’analyse des processus en cours à travers des réalités encore peu étudiées. Le débat sur les stages non rémunérés en milieu de travail sera abordé dans le cadre d’une table ronde. Enfin, le troisième axe de ce colloque cherchera à proposer des réflexions sur les modes de résistance et les luttes collectives dans le contexte actuel de précarisation des marchés du travail en analysant les actions se déployant à la marge du salariat classique ainsi que l’action collective dans le secteur public et dans le milieu communautaire.

Ce colloque vise à contribuer à l’avancement des connaissances sur les travailleurs et travailleuses pauvres dans une perspective pluridisciplinaire. En se saisissant de cet objet de recherche à partir des méthodes et des cadres théoriques provenant de différentes disciplines des sciences sociales (sociologie, études féministes, sciences juridiques, relations industrielles), l’objectif sera non seulement de croiser les savoirs produits sur trois thèmes particuliers (politique sociale et travailleurs et travailleuses pauvres, régimes d’exploitation et action collective), mais également de proposer une réflexion autour des enjeux actuels touchant les travailleurs et travailleuses au bas de l’échelle.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 11 mai 2017

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