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La traversée du miroir : quand un journaliste devient directeur de la communication au sein de son entreprise de presse, enjeux de légitimité et redéfinition d’une fonction

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Marie-Christine Lipani-Vaissade

Résumé de la communication

Cette communication interroge la trajectoire professionnelle atypique d’un cadre journaliste, ancien rédacteur en chef et directeur départemental de différentes éditions d’un grand quotidien régional du sud de la France, qui, désormais, occupe les fonctions de directeur de la communication et de l’événementiel, au sein de la même entreprise de presse où s’est déroulé l’essentiel de son parcours journalistique. Comment s’opère une telle mutation professionnelle d’une personne, qui, au sein de son média, bénéficie d’une légitimité journalistique largement revendiquée et qui se retrouve dans une position quelque peu hors champs par rapport à sa première communauté d’appartenance, puisque dans les rédactions plutôt traditionnelles comme cela s’observe dans la famille de la presse quotidienne régionale française, les fonctions de communication souffrent encore d’un procès en illégitimité ? Cette recherche se concentre, d’une part, sur la manière dont le sujet s’empare de ses nouvelles activités communicationnelles qu’il définit lui même comme au service du contenu éditorial du titre, et d’autre part, sur la façon dont les routines professionnelles journalistiques orientent le travail de ce communicant. L’observation et l’analyse de ce parcours hors normes questionnent les dispositifs de professionnalisation mais aussi les enjeux de posture et d’ajustements inhérents à cette situation peu courante dans la presse quotidienne française.

Résumé du colloque

La profession de communicateur ou de communicatrice n’est pas un parcours unidirectionnel. Bien que les institutions d’enseignement de même que les associations professionnelles tentent, depuis nombre d’années, d’en baliser les trajectoires (Baillargeon et al., 2013), la complexité et la transdisciplinarité traversant la fonction communication dans les organisations rendent impossible — fort heureusement, pourrait-on dire — de circonscrire les contours de ce qui fait « professionnel » en communication. Journalistes se convertissant aux relations publiques ou devenant producteurs de contenus (Baillargeon et al., 2016; Bernier et al., 2005); mathmen constituant les nouveaux communicateurs à l’aune des données massives (big data) (Couldry et Turow, 2014; Messinger, 2014); responsables des RH endossant la fonction de communicateur interne (Talal, 2013), sans compter les croisements entre politique, marketing et communication (Kugler, 2006; Stenger, 2012) : autant d’indices que cette profession « échappe inévitablement à toute maîtrise systématique » (Champy, 2009, p. 84). Ainsi, l’observation de la polysémie et de l’équivocité des titres d’emploi (David and Motulsky, 2010; de la Broise, 2013), les fréquents amalgames professionnels et bifurcations floutant les frontières, les dynamiques d’entrée et sortie dans la profession, le foisonnement de formations « en communication » au cours de la vie témoignent de cette recherche constante de légitimation. Ce colloque international, organisé par le RESIPROC, propose de mettre en question l’atypie du parcours professionnel en communication de manière à en révéler les enjeux, les impacts sur la pratique de même que les tensions qu’elle engendre chez les praticiens, les associations et les milieux de formation.

Mettant en relation enseignants-chercheurs, étudiants, professionnels et représentants associatifs, ce colloque sera l’occasion de :

– faire un état des lieux sur les différentes formes d’hybridations professionnelles et les enjeux qu’elles supposent en matière de tensions dans les organisations et de limites dans les savoirs communs essentiels à la pratique (Shelby, 1993);
– explorer les rationalités déontologiques, économiques, éthiques, politiques et sociotechniques derrière cette atypie (Coutant et Domenget, 2016; Maas et al., 2017);
– se questionner sur les formes et les orientations des formations, qu’elles soient inscrites au sein des établissements d’enseignement ou non, au regard de cette atypie (de la Broise et Morillon, 2014).

À travers ces thèmes, chercheurs, enseignants et professionnels de l’espace francophone pourront jeter un regard plus avisé sur une profession constamment en quête de légitimation, proposer des pistes de réflexion sur la question de l’adéquation entre l’enseignement et la pratique qui fait récursivement surface (Champy, 2009 ; Lepine et David, 2014; Broyles et Slater, 2014; Neill et Schauster, 2015) tout en soulevant les défis pour les professionnels, novices comme expérimentés, de cette atypie.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
Discutant-e- de la session : Valérie Lépine
section icon Date : 11 mai 2017

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