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Andréanne Deslauriers : UQAM - Université du Québec à Montréal
Cette étude porte sur les effets qu'ont les accommodements raisonnables sur les sentiments d'inclusion et de reconnaissance des personnes pour qui ils ont été accordés. Elle s’inscrit dans une perspective où les questions de la reconnaissance, de la dignité humaine et des capabilités (Nussbaum, 2012 et 2013) sont au cœur de mon cadre théorique. Comme le principe de dignité est inhérent à chaque être humain, il est logique que chacun d’entre eux soit traité de façon égale, permettant ainsi une reconnaissance de chaque individu peu importe les différences. En ce sens, l’accommodement raisonnable, qui est une obligation juridique qui permet de rétablir l’égalité (Bosset, 2007) menant à une reconnaissance des droits et des capabilités des personnes qui le demandent. Mon objectif de recherche réside donc dans la compréhension des impacts réels de ce type d’accommodement, et ce, en rencontrant directement des personnes ayant vécu cette situation. Par conséquent, j’ai pu réaliser 9 entretiens semi-dirigés auprès d’hommes et de femmes, majeur(e)s, ayant déjà obtenu un tel accommodement, et provenant de différents milieux (professionnel et universitaire). Nous verrons alors que les effets sont bien réels, mais ont évidemment des degrés d’importance variable selon la situation spécifique de la personne. Les contextes social et international ont également une influence majeure sur les effets possibles des accommodements raisonnables.
Si les premiers penseurs des sciences sociales des religions (Tylor, Durkheim) se sont d’abord penchés sur les sociétés dites « primitives », c’est parce qu’implicitement ils assimilaient culture et religion. Les travaux de Weber sur les liens entre religion et système économique participent de cette perspective, bien qu’élargissant la notion de culture. Les études sur les monothéismes et leurs prétentions universalistes amènent toutefois à s’interroger sur l’articulation entre le religieux et le culturel. L’intérêt que les sociétés occidentales portent aux traditions liées à des aires culturelles du Sud a également mis en évidence l’influence du paradigme chrétien sur la définition même de la religion. Alors que, dans la foulée de la modernité et de la globalisation, le thème de la dissociation religion/culture constitue désormais une rhétorique partagée par les acteurs religieux, force est de constater que les religions elles-mêmes tendent à repenser la pertinence et l’opportunité de s’inscrire dans des systèmes culturels locaux (théorie de l’inculturation catholique, réappropriation des idiomes locaux par les pentecôtismes, construction d’un islam moderniste, etc.) et, le cas échéant, les modalités de cette insertion. La sécularisation et la diversification religieuse des sociétés contemporaines complexifient le paysage en favorisant l’apparition de combinaisons symboliques rendues inédites par des jeux d’innovation du croire et de la pratique. Certains auteurs identifient des traits de religiosité dans des pratiques de l’ordinaire apparemment sécularisées. Un tel chevauchement se diffracte également dans les choix et modèles d’inclusion du religieux dans le lien social. Ce colloque organisé par la Société québécoise pour l’étude de la religion se veut un espace d’échanges interdisciplinaires sur les articulations et tensions qui animent la dynamique religion et culture.
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