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L’agent sensibilisateur en santé publique en Afrique : entre communicateur, agent de développement et auxiliaire en santé

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Ano Jean-louis ANO : Université Alassane Ouattara

Résumé de la communication

Résolument engagé dans une dynamique de prévention et de prise en charge des épidémies en Afrique, de nombreuses interventions pour la réduction du taux de prévalence des maladies chroniques non-transmissibles ont vu le jour. Cette situation est à l’origine de l’apparition d’agents sensibilisateurs issus de divers horizons tels que la santé, la communication, le développement, etc. qui s’érigent tous en communicateur. Cet état de fait donne de constater des confusions entre ces différents corps de métier, d’où les tensions que cela suscite voire des interrogations. Ainsi, la maitrise d’un discours pathogénique issu de savoirs épidémiologiques centrés sur la connaissance des maladies et leurs facteurs de risques fait-il de l’agent sensibilisateur un auxiliaire en santé et/ou un agent de développement ? Par ailleurs, un discours d’éducation à la santé tenu par un médecin le confine-t-il en communicateur/sensibilisateur ? Qui d’entre ces entités exerce la fonction de communicateur ? Certes, de Jacobson à Lamizet et Silem en passant par Sfez, le concept de communication s’est beaucoup complexifié, rendant ainsi atypique le parcours professionnel en communication. Dès lors, il convient de le redéfinir afin de pouvoir le circonscrire en santé publique. Cette communication se propose donc de mettre en veille l’atypie du parcours professionnel de la communication en santé publique en le redéfinissant à partir des ouvrages de Baillargon et David(2013) et de Breton et Proux (1989).

Résumé du colloque

La profession de communicateur ou de communicatrice n’est pas un parcours unidirectionnel. Bien que les institutions d’enseignement de même que les associations professionnelles tentent, depuis nombre d’années, d’en baliser les trajectoires (Baillargeon et al., 2013), la complexité et la transdisciplinarité traversant la fonction communication dans les organisations rendent impossible — fort heureusement, pourrait-on dire — de circonscrire les contours de ce qui fait « professionnel » en communication. Journalistes se convertissant aux relations publiques ou devenant producteurs de contenus (Baillargeon et al., 2016; Bernier et al., 2005); mathmen constituant les nouveaux communicateurs à l’aune des données massives (big data) (Couldry et Turow, 2014; Messinger, 2014); responsables des RH endossant la fonction de communicateur interne (Talal, 2013), sans compter les croisements entre politique, marketing et communication (Kugler, 2006; Stenger, 2012) : autant d’indices que cette profession « échappe inévitablement à toute maîtrise systématique » (Champy, 2009, p. 84). Ainsi, l’observation de la polysémie et de l’équivocité des titres d’emploi (David and Motulsky, 2010; de la Broise, 2013), les fréquents amalgames professionnels et bifurcations floutant les frontières, les dynamiques d’entrée et sortie dans la profession, le foisonnement de formations « en communication » au cours de la vie témoignent de cette recherche constante de légitimation. Ce colloque international, organisé par le RESIPROC, propose de mettre en question l’atypie du parcours professionnel en communication de manière à en révéler les enjeux, les impacts sur la pratique de même que les tensions qu’elle engendre chez les praticiens, les associations et les milieux de formation.

Mettant en relation enseignants-chercheurs, étudiants, professionnels et représentants associatifs, ce colloque sera l’occasion de :

– faire un état des lieux sur les différentes formes d’hybridations professionnelles et les enjeux qu’elles supposent en matière de tensions dans les organisations et de limites dans les savoirs communs essentiels à la pratique (Shelby, 1993);
– explorer les rationalités déontologiques, économiques, éthiques, politiques et sociotechniques derrière cette atypie (Coutant et Domenget, 2016; Maas et al., 2017);
– se questionner sur les formes et les orientations des formations, qu’elles soient inscrites au sein des établissements d’enseignement ou non, au regard de cette atypie (de la Broise et Morillon, 2014).

À travers ces thèmes, chercheurs, enseignants et professionnels de l’espace francophone pourront jeter un regard plus avisé sur une profession constamment en quête de légitimation, proposer des pistes de réflexion sur la question de l’adéquation entre l’enseignement et la pratique qui fait récursivement surface (Champy, 2009 ; Lepine et David, 2014; Broyles et Slater, 2014; Neill et Schauster, 2015) tout en soulevant les défis pour les professionnels, novices comme expérimentés, de cette atypie.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
Discutant-e- de la session : Vincent Brulois
section icon Date : 11 mai 2017

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