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James Archibald : Université McGill
Le professionnel québécois se trouve dans l’obligation de « jouer un rôle exemplaire » dans l’exercice de sa profession et l’administration publique à la fois. Ce rôle s’étend à la sphère de la langue, car le professionnel doit aussi avoir « de la langue officielle une connaissance appropriée à l’exercice de [sa] profession ». Il s’agit d’une compétence professionnelle qui sert de « moteur » dans l’application des lois et politiques linguistiques.
Grâce au cadre mobilisateur du système professionnel québécois, le bon citoyen professionnel veille en amont et en aval à la qualité de la langue, d’une part, et des services professionnels, d’autre part. Puisque la Charte autorise l’utilisation de la langue anglaise dans certaines circonstances, le professionnel anglophone doit surveiller la qualité de ses deux langues dans le but ultime de protéger le public et de respecter la pérennité de la langue commune.
La Charte de la langue française, couramment appelée loi 101, a joué un rôle fondamental dans l’évolution du Québec. Introduite en 1977, la loi décrète le français comme langue officielle de l’État et des tribunaux de la province, ainsi que la langue normale et habituelle au travail. La loi limite également l’accès aux écoles de langue anglaise et interdit l’usage de l’anglais sur l’affichage commercial.
Plusieurs francophones perçoivent cette loi comme un instrument puissant qui s’inscrit dans la suite logique de la Révolution tranquille. Le préambule de la Charte reconnaît l’importance de respecter la « communauté québécoise d’expression anglaise », mais de nombreux anglophones craignent que la Charte entraîne leur exclusion sociale, économique et politique.
Les chercheurs tracent un bilan partagé des effets de la Charte sur les anglophones. Après la Charte, l’émigration anglophone s’accélère et il y a un déclin des écoles de langue anglaise. Cela dit, les inégalités socioéconomiques entre anglophones et francophones diminuent. Certains chercheurs affirment que les lois linguistiques au Québec ont permis aux anglophones de se redéfinir : ils se perçoivent moins comme une partie de la majorité linguistique du Canada et davantage comme une minorité au Québec. En réaction à la loi 101, les anglophones créent de nouvelles associations. De plus, la Charte fait en sorte que les jeunes anglo-québécois n’ont jamais été aussi bilingues et multilingues qu’ils le sont maintenant. Cela facilite ainsi leur participation économique, culturelle et civique à la société québécoise.
Notre colloque multidisciplinaire abordera les questions légales, démographiques, socioéconomiques, politiques, institutionnelles et culturelles liées aux incidences de la loi 101 sur la communauté d’expression anglaise au Québec (CEAQ) au cours des 40 dernières années.
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