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Le travail des femmes incarcérées : quels apports pour la théorie du sexage?

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Vanessa L'écuyer

Résumé de la communication

Nous nous intéresserons à la manière dont le travail carcéral est organisé. Pour cela, nous avons adopté une définition extensive du concept de travail, issue des recherches féministes (Kergoat, 2010, Davis, 2003, Delphy, 1998). Notre problématique est construite à partir d’un point aveugle dans les recherches traitant du travail carcéral, dont la définition se limite aux emplois salariés, portant dans la très large majorité sur les détenus masculins uniquement. Les travaux de Juteau et Laurin (1997) sur les religieuses nous sont apparus comme utiles pour réfléchir à notre objet, en ce qu’ils reprennent la théorie de sexage (Guillaumin, 1992) – laquelle révèle un rapport social distinct des rapports de classe et de race et irréductible à ceux-ci. Nos interrogations seront éclairées par les récits de douze femmes qui ont été incarcérées. Nous exposerons tout d’abord les portraits des participantes à la recherche. Leurs expériences de travail hors détention permettront d’éclairer celui qui est effectué au sein de l’institution carcérale. Nous nous intéresserons ensuite au travail réel, prescrit et non-prescrit, accompli au sein des établissements. Finalement, nous nous pencherons sur le sens de la division du travail carcéral et la manière dont elle crée des catégories qui organisent les détenues comme groupe traversé par des rapports de différentiation, de séparation et de hiérarchies.

Résumé du colloque

Ce colloque aborde l’objet de recherche qui oriente le GIREPS depuis sa fondation : « le travail qui rend pauvre ». Plus spécifiquement, ce colloque sera l’occasion de présenter une réflexion transversale sur la production de travailleurs et travailleuses pauvres, et l’« injonction » de travailler qui les mobilise. À cet effet, nous proposons d’analyser le phénomène des travailleurs et travailleuses pauvres dans ses interfaces avec les transformations de l’action publique et des politiques sociales, d’une part, et les mutations du travail, les conditions d’emploi et les luttes sociales, d’autre part.

Trois axes structurent ce colloque et feront l’objet d’introductions spécifiques, puis de communications ou de tables rondes. À travers le premier axe, nous nous intéresserons aux effets des politiques sociales sur les mutations du travail et de l’emploi, et la précarisation. À cet égard, le colloque accueillera des réflexions sur les réformes au régime d’assurance-emploi, mais également sur la transformation de l’assistance sociale ou sur toute autre politique ayant des incidences sur les travailleurs et travailleuses à bas salaire (revenu minimum garanti, chèque emploi-service, réglementation concernant UBER). Le deuxième axe abordera plus spécifiquement les différents régimes d’exploitation qui se mettent en place actuellement et proposera de les problématiser en termes d’imbrication des rapports sociaux. Il sera l’occasion d’expliciter la construction institutionnelle de régimes de travail contraint réservés à des travailleurs immigrants permanents et migrants temporaires, puis de revenir sur des enjeux de définition du travail et de mettre notamment en évidence les apports spécifiques des critiques féministes dans l’analyse des processus en cours à travers des réalités encore peu étudiées. Le débat sur les stages non rémunérés en milieu de travail sera abordé dans le cadre d’une table ronde. Enfin, le troisième axe de ce colloque cherchera à proposer des réflexions sur les modes de résistance et les luttes collectives dans le contexte actuel de précarisation des marchés du travail en analysant les actions se déployant à la marge du salariat classique ainsi que l’action collective dans le secteur public et dans le milieu communautaire.

Ce colloque vise à contribuer à l’avancement des connaissances sur les travailleurs et travailleuses pauvres dans une perspective pluridisciplinaire. En se saisissant de cet objet de recherche à partir des méthodes et des cadres théoriques provenant de différentes disciplines des sciences sociales (sociologie, études féministes, sciences juridiques, relations industrielles), l’objectif sera non seulement de croiser les savoirs produits sur trois thèmes particuliers (politique sociale et travailleurs et travailleuses pauvres, régimes d’exploitation et action collective), mais également de proposer une réflexion autour des enjeux actuels touchant les travailleurs et travailleuses au bas de l’échelle.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 11 mai 2017

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