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Elise Maas
Notre parcours en tant que communicatrice pendant plus de 20 ans à des postes de management, puis d’enseignant-chercheur en SIC peut être considéré comme atypique. Dans cette communication, nous souhaitons questionner ce type de parcours « atypiques » de directeurs de la communication en lien avec leur appréhension de la professionnalisation des communicateurs et en nous appuyant sur les travaux du RESIPROC et de nos collègues sur la professionnalisations des communicateurs (David, de la Broise, Lépine, …). Nous nous intéresserons aux récits de vie d’une dizaine de directeurs de la communication de grands groupes en France et en Belgique. Nous questionnerons la construction de la professionnalisation de ces dircoms au regard de l’originalité, de l’atypie de leur parcours. Notre recherche sur les directeurs de la communication ou « Dircoms » s’intègre, dans un contexte d’études plus vaste, à une « Enquête sur les pratiques professionnelles en communication en France et Belgique » initiée en janvier 2017 par la SFSIC (Société Française des Sciences de l’Information et de la Communication). Cette enquête sur les pratiques professionnelles en France et en Belgique est réalisée en parallèle à « l’Enquête sur les pratiques professionnelles en communication au Canada » lancée en 2016 et qui complète « La grande enquête de 2010 ».
La profession de communicateur ou de communicatrice n’est pas un parcours unidirectionnel. Bien que les institutions d’enseignement de même que les associations professionnelles tentent, depuis nombre d’années, d’en baliser les trajectoires (Baillargeon et al., 2013), la complexité et la transdisciplinarité traversant la fonction communication dans les organisations rendent impossible — fort heureusement, pourrait-on dire — de circonscrire les contours de ce qui fait « professionnel » en communication. Journalistes se convertissant aux relations publiques ou devenant producteurs de contenus (Baillargeon et al., 2016; Bernier et al., 2005); mathmen constituant les nouveaux communicateurs à l’aune des données massives (big data) (Couldry et Turow, 2014; Messinger, 2014); responsables des RH endossant la fonction de communicateur interne (Talal, 2013), sans compter les croisements entre politique, marketing et communication (Kugler, 2006; Stenger, 2012) : autant d’indices que cette profession « échappe inévitablement à toute maîtrise systématique » (Champy, 2009, p. 84). Ainsi, l’observation de la polysémie et de l’équivocité des titres d’emploi (David and Motulsky, 2010; de la Broise, 2013), les fréquents amalgames professionnels et bifurcations floutant les frontières, les dynamiques d’entrée et sortie dans la profession, le foisonnement de formations « en communication » au cours de la vie témoignent de cette recherche constante de légitimation. Ce colloque international, organisé par le RESIPROC, propose de mettre en question l’atypie du parcours professionnel en communication de manière à en révéler les enjeux, les impacts sur la pratique de même que les tensions qu’elle engendre chez les praticiens, les associations et les milieux de formation.
Mettant en relation enseignants-chercheurs, étudiants, professionnels et représentants associatifs, ce colloque sera l’occasion de :
– faire un état des lieux sur les différentes formes d’hybridations professionnelles et les enjeux qu’elles supposent en matière de tensions dans les organisations et de limites dans les savoirs communs essentiels à la pratique (Shelby, 1993);
– explorer les rationalités déontologiques, économiques, éthiques, politiques et sociotechniques derrière cette atypie (Coutant et Domenget, 2016; Maas et al., 2017);
– se questionner sur les formes et les orientations des formations, qu’elles soient inscrites au sein des établissements d’enseignement ou non, au regard de cette atypie (de la Broise et Morillon, 2014).
À travers ces thèmes, chercheurs, enseignants et professionnels de l’espace francophone pourront jeter un regard plus avisé sur une profession constamment en quête de légitimation, proposer des pistes de réflexion sur la question de l’adéquation entre l’enseignement et la pratique qui fait récursivement surface (Champy, 2009 ; Lepine et David, 2014; Broyles et Slater, 2014; Neill et Schauster, 2015) tout en soulevant les défis pour les professionnels, novices comme expérimentés, de cette atypie.
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Thème du colloque :