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Suzanne Guillemette : Université de Sherbrooke
L’accompagnement collectif qui questionne des situations professionnelles réelles, sert la coconstruction et la coformation entre les professionnels (Guillemette, Royal et Monette, 2015; Savoie-Zajc, 2010). Nous nous questionnons à savoir en quoi le questionnement de tout un chacun au sein d’une telle démarche collective sert le processus réflexif ? Selon Argyris et Schön (2002), la réflexivité nous invite à mettre de l’avant les diverses dimensions qui nous habitent alors que Perrenoud (2008) emprunte à Bourdieu l’expression « habitus », pour rendre explicites les raisons souvent inconscientes pour lesquelles nous agissons d’une façon ou d’une autre. Le praticien réflexif (Schön, 1994) qui met en mots ses schèmes dont les dimensions cognitives, affectives, professionnelles et identitaires, ajuste sa pratique (Charlier, 2013; Guillemette et Simon, 2014). Une démarche de recherche-action auprès de quatre cohortes distinctes de professionnels ou gestionnaires en milieux scolaires québécois nous amène à expliciter le dispositif collectif et plus particulièrement, les effets du questionnement sur le processus réflexif. Il s’agit de cerner les questions les plus susceptibles de soutenir les personnes à se placer en posture « méta » pour reprendre le thème utilisé par Vacher (2014) [et où] « le participant est invité à se prendre pour sujet d’analyse à travers l’analyse de sa réflexion » (p.26).
De nombreuses formations visent à favoriser la réflexivité (Donnay et Charlier, 2008) dans différents champs professionnels — éducation (Charlier et coll., 2013 ; Tardif et coll., 2012; Vacher, 2015), santé (Ghaye, 2006), psychologie (Scaife, 2010), ingénierie (Rouvrais, 2013). Les deux précédents colloques à l’Acfas (2015, 2016) ont analysé les liens entre réflexivité, expérience déstabilisante et changement d’une part, et réflexivité, compétences, identité d’autre part.
Nous différencions réflexion et réflexivité (Donnay et coll., 2008). Réfléchir, dans le deuxième sens, c’est mettre en mental, adopter une position méta par rapport à la situation, grâce à un système de représentations (souvent le langage). La réflexivité (Schön, 1994) permettrait au praticien d’adopter une posture d’extériorité en se distanciant d’une partie de la situation : la personne regarde la situation de l’extérieur pour tenter de l’objectiver, mais réalise aussi un retour sur elle-même, se regardant agir en situation et analysant les surdéterminations qui contribuent à structurer son rapport à sa pratique et aux acteurs concernés. Cette posture d’extériorité est facilitée par un tiers : personnes ou grilles de lecture.
Les dispositifs de formation à la réflexivité sont nombreux, sans compter ceux non documentés dont la visée est de faire réfléchir, mais qui ne s’affichent pas ainsi (Chaubet et coll., 2016). La réflexivité est souvent pratiquée en groupe selon des méthodologies diverses. Dans le cadre de ce colloque, dans la continuité des deux précédents, nous interrogerons les processus en jeu dans ces situations de formation en groupe, ainsi que les effets de ces dispositifs collectifs. Quels sont les éléments du dispositif collectif qui favorisent la réflexivité? En quoi? Comment? Quelle est la dimension affective de ces processus? Quel est le rôle de l’Autre ou des Autres? Quelles sont les dimensions cognitives, affectives, professionnelles et identitaires touchées?
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