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Lise GUIOT : Université Paul-Valéry-Montpellier-III
« Faire de l’Histoire » à la manière d’Antoine Laprise : cette proposition vise à interroger le matériau du spectacle vivant, nouveau vecteur de l’éducation à l’Histoire et de la culture humaniste.
Un premier temps questionne la position complexe de l’élève spect-acteur de théâtre et le pouvoir de remuement de la scène, plaçant le spectateur en témoin critique, habité par et de l’Histoire. Le second temps tente de questionner une figure centrale de l’aventure artistique d’Antoine Laprise, le loup bleu, narrateur marionnette, dont les mots animalisés proposent une distanciation proche de celle de la fable, un point de vue toujours extérieur sans cesse en jeu avec les autres thèses en présence, et une hypotypose, image vivante, peinture énergique qui met les choses sous les yeux, comme relecture de l’Histoire officielle. Le dernier temps de l’intervention invite à une exploration de la démarche du metteur en scène, témoin, archiviste, historien lui-même. En ce sens, le spectacle peut être lui-même envisagé comme un document et l’artiste, alors pédagogue − mise en réflexion de la figure de l’ « enseignant » −, tel passeur d’Histoire.
L’ultime but du théâtre ou réactivation du drame envisagé en tant que lieu de débat dans un espace publiquement organisé, serait de créer une image humaine − de soi et de l’autre −, inscrite au niveau diégétique et sur scène, dans la coprésence d’artistes et de spect-acteurs.
Les historiens se sont intéressés tardivement à l’image, notamment parce que le texte a longtemps eu préséance (Vanderdorpe, 2012). Aujourd’hui, alors qu’elle domine les communications contemporaines, il semble fondamental d’éduquer à l’image afin d’apprendre à la décoder, l’interpréter et la mettre à distance. En France (et moindrement au Québec), l’étude de l’image est désormais bien installée dans les programmes, en particulier celui d’histoire. Les pratiques pédagogiques dans les classes illustrent, entre autres, que le croisement du texte et de l’image est devenu une habitude pour les enseignants de l’Hexagone (Delporte et Gachet, 2002). En classe, l’image tend pourtant à rester un témoin rapide de ce qui a été dit ou lu, un complément pédagogique. Plus préoccupant, l’apprentissage de la lecture d’images semble encore peu pris en compte (Lebrun, Lacelle et Lebrun, 2102; Martel et Cartier, 2016). Comment décoder et interpréter une image? Lit-on de la même manière une image fixe ou mobile? Fait-on dans nos écoles un vrai travail d’historien et de géographe avec l’image? Quelle méthodologie doit-on mettre en œuvre pour cela? Quels sont les types de documents iconographiques privilégiés, avec quelles finalités, pour quels apprentissages? Quelles sont les disciplines scolaires contributives à la lecture de l’image et quels sont les apports spécifiques des disciplines de l’histoire et de la géographie? Prenant appui sur l’expertise de divers intervenants, ce colloque propose une réflexion à regards croisés (notamment France-Québec) sur ces interrogations. Pour ce faire, les points de vue de divers chercheurs et intervenants en éducation seront sollicités afin de dresser un portrait des perspectives actuelles et à venir en matière d’éducation à l’image en contexte d’enseignement ou d’apprentissage des humanités et de la culture.
Titre du colloque :