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Véronique Martel
Devant un bilan décevant de la sous-représentation des femmes travaillant sur les chantiers de construction, malgré l’implantation d’un premier programme d’accès à l’égalité (PAE) en 1997, la CCQ a mené en 2013-2014 une vaste démarche de consultation de l’ensemble des parties prenantes afin d’identifier les enjeux et les actions permettant de les aplanir. Misant sur une responsabilité partagée, ce sont plus de 40 mesures qui sont portées par la CCQ, les associations patronales et syndicales ainsi qu’une dizaine d’organismes publics et une quinzaine de centres de formation dans le cadre du nouveau Programme d’accès à l’égalité des femmes dans l’industrie de la construction (PAEF) 2015-2024. Ce PAE novateur est conçu pour toute une industrie afin de soutenir le parcours des femmes et créer des milieux de travail favorables, inclusifs et respectueux des droits de la personne, tant en formation qu’en emploi.
Le premier plan d’action vise une cible ambitieuse, mais réaliste : atteindre au moins 3% de femmes sur les chantiers d’ici 2018. Après deux ans de mises en œuvre, on peut déjà constater que l’industrie s’est mise en marche vers une plus grande mixité en chantier, même s’il reste du chemin à parcourir. Des pratiques gagnantes ont été mises en place ou sont en cours de réalisation pour favoriser la présence des femmes et accompagner le changement de culture.
Les avancées en faveur de l’égalité ont permis aux femmes de s’insérer dans le marché du travail et de progresser dans certains emplois historiquement masculins. Or, le parcours des femmes dans certains de ces métiers et professions est toujours complexe. Des statistiques montrent les écarts persistant entre les femmes et les hommes. Par exemple, seulement 27 % des effectifs étudiants au baccalauréat en génie civil étaient des femmes entre 1999 et 2005, et celles-ci ne représentaient en 2013-2014 que 13,6 % des membres de l’Ordre des ingénieurs du Québec (Sévigny et Deschênes, s.d.). Même dans les secteurs marqués par la féminisation de la main-d’œuvre, des écarts sont présents. Alors qu’elles constituent 62 % des étudiants et étudiantes dans les facultés de médecine (Collège des médecins du Québec, 2013), les femmes médecins sont très présentes dans certaines spécialités (52 % en gériatrie, 51 % en pédiatrie et 45 % en dermatologie) mais largement sous-représentées dans d’autres (8 % en chirurgie cardiaque, 10 % en neurochirurgie, 11 % en chirurgie orthopédique et 13 % en urologie).
Les recherches déjà réalisées ciblent certains éléments pour expliquer ces constats. Les femmes se sentent marginalisées et dévaluées comparativement à leurs collègues masculins (Fotaki, 2013). Elles subissent toujours des effets négatifs associés à la maternité et à la conciliation travail-famille (Carvajal et coll., 2012; Evers et Sieverding, 2014; Schroeder et coll., 2013; Sheltzer et Smith, 2014; Van den Brink, 2011). Elles expriment le besoin de mettre en place des politiques et mécanismes de soutien tels que des garderies ou des programmes de mentorat (Muhlenruch et Jochimsen, 2013; Pereira, 2014).
Ce colloque propose de faire le point sur les facteurs liés à la progression et à la rétention des femmes dans des métiers et professions traditionnellement réservés aux hommes au Québec afin de définir les enjeux persistants ainsi que les pratiques porteuses pour les changements organisationnels et sectoriels.
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