pen icon Colloque
quote

Merleau-Ponty et le problème de la connaissance des autres esprits

AP

Membre a labase

Arnaud Petit : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

Dans Retrieving Realism, Dreyfus et Taylor suggère que si le problème de la connaissance du monde extérieur nous apparaît pressant, c’est parce que nous sommes encore prisonniers de l’image cartésienne de l’esprit. Selon eux, le scepticisme – dans ses conclusions les plus radicales – est entretenu par cette image et par la stricte démarcation qu’elle impose entre le théâtre interne du sujet et le monde extérieur. Ils avancent que Merleau-Ponty, en montrant que le sujet est essentiellement incarné, nous offre les outils pour échapper à cette image et donc pour résoudre le problème de la connaissance du monde extérieur. Dans cette présentation, je suggère que les grandes lignes de cette ‘solution’ permettent aussi l’articulation d’une réponse satisfaisante à un problème analogue, celui de la connaissance des autres esprits. C’est-à-dire, je suggère qu’en rejetant l’image cartésienne du sujet et en repensant les rapports entre l’esprit et le corps – comme nous l’enjoint Merleau-Ponty –, nous ne sommes plus condamnés à voir autrui comme inaccessible. Il devient possible de voir le comportement non pas comme une façade derrière lequel se cache l’esprit, mais comme la preuve – et donc le témoignage – d’une vie mentale authentique.

Résumé du colloque

Preuve, témoignage et vérité : congrès annuel de la Société de philosophie du Québec

Toutes les connaissances développées au cours du temps sont le résultat du génie humain. Même si nous avons maintenant tendance à les tenir pour acquises, l’ensemble de nos vérités s’est constitué au cours d’un processus d’évaluation, de critique, de recherche et de raffinement sans lequel aucune d’entre elles n’aurait pu voir le jour.

Au centre de ce processus se trouvent la preuve et le témoignage, deux notions qui jouent un rôle décisif dans l’établissement des vérités au centre de la connaissance. La vérité dépend en effet des critères que nous avons pour distinguer le vrai du faux, et parmi ces critères, la preuve et le témoignage sont constamment invoqués à l’appui des affirmations que nous faisons dans les différentes disciplines du savoir humain. Cela signifie en bref que, sans témoignages ni preuves, la vérité confine à la fiction.

Réfléchir aux notions de preuve et de témoignage, c’est ainsi faire une contribution essentielle à l’avancement des connaissances en fournissant une compréhension accrue et raffinée des critères de la science. Distinguer un témoignage valable d’un témoignage suspicieux ou insuffisant, une preuve fiable d’une preuve invalide ou incomplète, fournit aux savants une meilleure compréhension de la vérité et des manières d’y parvenir.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 11 mai 2017

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :